VIH en Europe : ces nombreuses idées reçues qui ont la vie dure – L'Express

VIH en Europe : ces nombreuses idées reçues qui ont la vie dure

I=I, soit « indétectable égal intransmissible ». Cette équation, promue par les associations de lutte contre le VIH, demeure mal comprise par une partie de la population. En effet, une personne séropositive sous traitement peut voir sa charge virale baisser à un niveau indétectable, ce qui signifie qu’elle ne transmet plus le virus et n’est pas à risque de développer le sida.

Malgré une décennie de sensibilisation, un sondage OpinionWay pour Sidaction révèle que plus de 75 % des jeunes de 15 à 24 ans croient encore que le VIH peut être transmis lors d’un rapport sexuel non protégé avec une personne sous traitement. Cette méconnaissance est préoccupante, d’autant que l’usage du préservatif est en déclin dans plusieurs pays européens.

Non, un baiser ne suffit pas à transmettre le VIH

En 2006, un eurobaromètre indiquait qu’environ 60 % des Européens pensaient qu’un simple baiser pouvait transmettre le virus. Vingt ans plus tard, cette idée persiste. Environ 25 % des Finlandais et des Suédois, ainsi que 16 % des Danois et des Britanniques, partagent cette croyance. En France, cette proportion atteint 39 % chez les jeunes de 15 à 24 ans.

Gus Cairns, responsable de la prévention au sein du groupement européen pour le traitement du sida (EATG), souligne que cette ignorance est particulièrement répandue chez les jeunes, qui ont souvent une perception exagérée du danger que représente le VIH. Le virus ne se transmet ni par la salive ni par des contacts tels que s’asseoir sur des toilettes publiques.

Non, la contamination au VIH n’est plus une sentence

L’image d’une personne séropositive comme étant condamnée à mort est ancrée dans la culture populaire. Bien qu’il n’existe pas encore de guérison, un traitement adéquat permet de vivre longtemps et en bonne santé. Cependant, la stigmatisation persiste. Selon une enquête du Centre européen pour la prévention et le contrôle des maladies (ECDC), 30 % des personnes vivant avec le virus en Europe n’en ont pas parlé à leurs proches. De plus, près d’un médecin sur deux se sent inquiet lorsqu’il traite un patient séropositif.

Non, le sida n’est pas une maladie d’homosexuel

Les représentations médiatiques du VIH/sida tendent à se concentrer sur un stéréotype : celui de l’homme homosexuel, citadin et blanc. Pourtant, le profil des personnes contaminées a évolué. En Suède et au Danemark, plus de deux tiers des nouvelles infections concernent des personnes non nées dans la région. En France et en Allemagne, 60 % des nouvelles contaminations touchent des migrants.

Non, Donald Trump n’est pas le seul responsable de la baisse de l’aide internationale

La réduction des budgets consacrés à l’aide internationale, notamment sous la présidence de Donald Trump, a eu des conséquences néfastes. Les États-Unis, principaux contributeurs du fonds mondial de lutte contre le sida, ont vu leur aide diminuer, entraînant d’autres pays européens à faire de même. La France et l’Allemagne ont réduit leur contribution de moitié. Sidaction alerte sur le risque d’une reprise de l’épidémie, qui pourrait entraîner jusqu’à 4 millions de décès supplémentaires d’ici 2030.

Source : L’Express.

Source
Leave a Comment

Comments

No comments yet. Why don’t you start the discussion?

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *