Les conditions sont réunies pour élargir leur contrôle sur le territoire : les houthistes resserrent leur étau sur la mer Rouge
Regarder la carte suffit pour prendre la me de la nouvelle menace qui pèse sur le Moyen-Orient. À l’est, le golfe Arabo-Persique, avec son désormais célèbre détroit d’Ormuz. À l’ouest, la mer Rouge, et le détroit de Bab-el-Mandeb à son extrémité sud. Entre ces deux couloirs maritimes stratégiques, le royaume saoudien et les petites pétromonarchies du Golfe, avec leurs millions de barils de pétrole par jour et leurs gratte-ciel vertigineux. Et puis il y a le Yémen, pays martyrisé et affamé depuis douze ans par une guerre civile qui voit s’affronter les rebelles houthistes – rebelles chiites soutenus par l’Iran – et un gouvernement reconnu par la communauté internationale, soutenu par une coalition dirigée par l’Arabie saoudite.
Les houthistes contrôlent une large partie du nord du pays, dont la capitale Sanaa. En juillet, après quatre années de relative accalmie à la suite du cessez-le-feu de 2022, les combats ont repris, l’Arabie saoudite et l’Iran se faisant la guerre par procuration. Le 10 septembre, lors d’une nouvelle offensive, les houthistes se sont emparés du port de Moka, sur la mer Rouge, territoire jusqu’alors contrôlé par le gouvernement légitime. Moka, qui était réputée pour ses marchands de café au XVIIe siècle, se situe à environ 70 kilomètres du détroit de Bab-el-Mandeb, où la mer Rouge est le plus étroite.
Cette voie navigable, par où transite 10 % du commerce mondial, est d’autant plus stratégique que le détroit d’Ormuz (20 % du trafic maritime), de l’autre côté de la péninsule, a été fermé par Téhéran après le lancement de la guerre américano-israélienne fin février. Le 11 septembre, après d’intenses combats au sol, les combattants chiites ont poursuivi leurs avancées, atteignant l’île de Perim au centre du détroit, ce qui leur permet de facto de verrouiller le couloir maritime.
Source : La Tribune.

