Le hacker affirme avoir récupéré près de 149 millions d’enregistrements bruts sur la plateforme, avec notamment des données sur des propriétaires. ROMAIN DOUCELIN / HANS LUCAS VIA AFP
Le site « Zéro logement vacant » rattaché au ministère de la Ville et du Logement est inaccessible depuis dimanche 30 août après la revendication par les pirates du fisc d’une cyberattaque massive de données hébergées sur la plateforme, révélée par le site spécialisé French Breaches. Interrogé par l’AFP, le ministère n’a pas souhaité communiquer à ce stade.
Selon French Breaches, qui documente les cyberattaques commises en France, le groupe de pirates ZeroBytes, à l’origine de la cyberattaque massive des données du fisc révélée mi-août, a revendiqué un piratage de millions de données issues du site « Zéro logement vacant », un service numérique de l’Etat destiné à accompagner les collectivités pour remettre les logements vacants sur le marché.
Le hacker affirme avoir récupéré près de 149 millions d’enregistrements bruts sur la plateforme, lui permettant d’accéder aux données des propriétaires et utilisateurs, détaille French Breaches, soulignant que les fichiers peuvent contenir des doublons.
Les fichiers pourraient ainsi contenir des noms et prénoms, dates de naissance, adresses postales et différents identifiants associés aux propriétaires ou aux biens immobiliers enregistrés sur « Zéro logement vacant ».
Des motivations floues
Le vol des données au fisc survenu fin juin et fin juillet, et revendiqué par ZeroBytes, concerne au moins 678 000 particuliers et professionnels, selon la Direction générale des finances publiques (DGFiP). Un piratage massif qui avait poussé le gouvernement à présenter ses « excuses » aux personnes touchées.
ZeroBytes affirme être composé de deux pirates se présentant comme français. L’AFP a échangé avec le groupe sur Telegram, à partir de coordonnées publiées sur un forum du dark web consacré à la vente de données volées. Interrogé sur ses objectifs, le duo as ne pas avoir de « motivations précises », si ce n’est « l’argent, j’imagine ».
Ces mêmes pirates sont à l’origine de nombreuses cyberattaques. Le 18 août, le duo a assuré avoir pu « absorber 346 millions de lignes » de données d’élèves français et des dizaines de milliers d’enseignants, le ministère de l’Education nationale dénonçant une « intrusion frauduleuse ».

