Les trésors fossiles d’Angeac-Charente s’exposent à Paris
À partir de ce jeudi, le Muséum national d’histoire naturelle à Paris présente une exposition consacrée à des fossiles vieux de 140 millions d’années, découverts à Angeac-Charente, un site unique où cohabitent crocodiles, tortues et dinosaures.
Découvert au début des années 2010, le gisement d’Angeac-Charente, situé dans l’ouest de la France, a acquis une renommée internationale en comblant un vide dans les archives fossiles. Selon le paléontologue Ronan Allain, il existe un intervalle, entre 150 et 130 millions d’années, pour lequel il n’y avait pas de traces fossiles connues. Cette période correspond à un bouleversement géologique majeur, marqué par l’ouverture de l’Atlantique, entraînant une baisse du niveau de la mer d’environ 100 mètres et favorisant le développement des écosystèmes terrestres.
Le site, qui continue d’être fouillé chaque été, était autrefois un grand lac entouré de marécages. Aujourd’hui, il est cerné de vignes. Les fossiles retrouvés incluent des requins, des crustacés, des poissons, des petits mammifères, ainsi que des dinosaures.
À Angeac-Charente, plus de 12 espèces de dinosaures, plusieurs dizaines d’espèces de végétaux, quatre espèces de crocodiles et cinq de tortues ont été identifiées. Ces découvertes permettent de reconstituer l’écosystème de l’époque et d’analyser les interactions entre les espèces.
L’exposition « Sur les traces des dinosaures » met en avant des squelettes presque complets, tels que ceux de « Gustave » le crocodile et « Gisèle » la tortue, ainsi qu’un tronc d’arbre fossilisé de 15 mètres de long et des reconstitutions d’ornithomimosaures, des dinosaures ressemblant à des autruches.
Les fossiles d’Angeac-Charente présentent des caractéristiques similaires à celles du Jurassique, mais les espèces emblématiques du Crétacé, ainsi que les plantes à fleurs et les mammifères placentaires, ne sont pas encore présentes. Selon M. Allain, des événements ayant conduit à l’apparition de nouvelles espèces après cette période demeurent inexpliqués.
Source : TV5MONDE
