Les fumeurs sont-ils protégés du Covid-19 grâce à la nicotine ?
Certains prétendent avoir trouvé un moyen efficace de ne pas contracter le Covid-19 : fumer des cigarettes. Ce message circule depuis plusieurs années sur les réseaux sociaux et a refait surface récemment après une interview du Dr Peter McCullough, publiée sur YouTube en mars.
Dans cette interview, l’hôte Théo Von interroge le Dr McCullough, présenté comme un « médecin-chercheur, cardiologue et auteur à succès, connu pour ses travaux sur les vaccins contre le Covid-19 ». Le Dr McCullough déclare qu’il existe un groupe d’adultes, les fumeurs, qui auraient été moins touchés par le virus, l’ayant contracté sous des formes plus légères et sans développer de Covid long. Il attribue cette « protection » à la nicotine, affirmant qu’elle bloque la protéine spike du virus.
Cependant, le Dr McCullough est une figure controversée, ayant été radié pour avoir diffusé de fausses informations sur le Covid-19 et les vaccins. En 2022, le Conseil américain de médecine interne a demandé des sanctions contre lui, et ses certifications ont été révoquées.
Plusieurs études ont tenté d’établir un lien entre le tabagisme et une protection contre le Covid-19, évoquant ce qu’on appelle le « paradoxe du fumeur ». Une étude de 2020 publiée dans l’European Respiratory Journal avait conclu que les fumeurs étaient moins exposés au virus, mais a été dépubliée en raison de conflits d’intérêts non divulgués. Une autre étude réalisée à Paris a noté un taux inférieur de fumeurs parmi les patients atteints de Covid-19, mais son échantillon était trop limité pour en tirer des conclusions solides.
En revanche, des recherches récentes montrent que le tabagisme est un facteur de risque majeur. Une étude britannique a révélé que les fumeurs étaient 80 % plus susceptibles d’être hospitalisés pour Covid-19 que les non-fumeurs. Une analyse de près de 33 000 patients hospitalisés a également montré que fumeurs et anciens fumeurs avaient un risque accru de formes graves de la maladie et de décès.
Ainsi, loin de constituer une protection contre le Covid-19, le tabagisme apparaît comme un facteur aggravant, en raison des maladies préexistantes souvent associées aux fumeurs, telles que les maladies cardiovasculaires et respiratoires.
Le tabagisme reste la première cause de mortalité évitable, avec environ 75 000 décès estimés en 2015 en France, représentant environ 13 % des décès dans le pays. En moyenne, un fumeur régulier sur deux meurt des conséquences de son tabagisme.
Source : YouTube, European Respiratory Journal, Inserm, UFC Que Choisir.
