Comment les États-Unis veulent encore isoler l'Iran malgré des sanctions déjà en vigueur – L'Express

Comment les États-Unis veulent encore isoler l’Iran malgré des sanctions déjà en vigueur

La pression économique exercée sur l’Iran pourrait-elle s’intensifier ? C’est l’hypothèse avancée par Scott Bessent, le secrétaire au Trésor des États-Unis, qui a déclaré le 13 août lors d’une interview à Newsmax : « Nous allons appliquer des mes inédites dans l’histoire de l’isolement économique d’un pays. » Cette annonce suscite le scepticisme des observateurs, le régime iranien étant déjà soumis à de nombreuses sanctions, dont le blocus de ses ports par la marine américaine.

Selon une étude récente de Capital Economics, l’Iran souffre de la baisse de ses ventes de pétrole à l’étranger, qui représentaient 11 % de son PIB avant le conflit. En juillet, le pays n’a pas exporté un seul baril, soit plus de huit millions de barils « manquants ». La Chine se distingue comme le principal acheteur, acquérant 90 % des exportations iraniennes, bien que cela ne représente que 14 % de ses importations.

Les « raffineries-théières » dans le viseur

Les États-Unis ciblent particulièrement les « raffineries-théières » chinoises, des sociétés semi-privées qui opèrent en parallèle des géants étatiques. Ces raffineries, qui se fournissent en pétrole auprès de pays sous sanctions tels que l’Iran, permettent à la Chine de maintenir une certaine indépendance géopolitique. Toutefois, le blocage du détroit d’Ormuz a contraint ces raffineries à réduire leur capacité.

En s’attaquant aux banques chinoises qui soutiennent ces raffineries, le Trésor américain espère priver la Chine de la possibilité d’importer du pétrole iranien, affaiblissant ainsi l’Iran. Bien que la Chine ait publiquement contesté les sanctions, des effets concrets commencent à se faire sentir, comme l’indique Elaine Dezenski, directrice d’un centre de recherche sur le pouvoir économique.

Conséquences sur les relations commerciales

Cette stratégie pourrait encore aggraver les relations commerciales entre la Chine et les États-Unis. D’autres leviers existent, comme les bureaux de change, qui permettent à l’Iran de rapatrier des fonds étrangers. Cependant, l’efficacité de ces mes reste incertaine, l’Iran ayant développé des circuits économiques informels au fil des années de sanctions.

Washington prend donc un risque calculé, espérant que la pression sur le régime iranien incitera la population à se soulever. Toutefois, cette approche comporte des dangers, notamment en raison des violations des droits humains, le régime ayant exécuté au moins 444 détenus entre le début de l’année et fin juillet, selon l’ONG Iran Human Rights.

Source : L’Express

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