Les États-Unis abandonnent-ils en partie Taïwan pour poursuivre l’effort de guerre au Moyen-Orient ?
Publié le 30/05/2026
Selon l’ancien ministre des Armées, Hervé Morin, Washington a dû « récupérer tous [s]es missiles dans la zone Asie-Pacifique » dans le cadre de l’opération Epic Fury, compromettant ainsi la sécurité de Taïwan, dont les États-Unis sont garants.
Les États-Unis auraient récupéré des armes censées protéger Taïwan, affirme Morin. Il a déclaré sur CNews, le 13 mai 2026 : « Ils ont dû récupérer tous les missiles qui sont dans la zone Asie-Pacifique pour participer à cette opération. Ça affaiblit la présence militaire et la puissance américaine, notamment pour protéger Taïwan, ça ne fait pas de doute. »
La guerre en Iran fragilise-t-elle la sécurité de Taïwan ? Les États-Unis sont le garant de la sécurité de Taïwan et disposent de nombreuses bases à proximité, notamment au Japon, en Corée du Sud et à Guam. Celles-ci abritent des bases aériennes, navales, des stocks de missiles, ainsi que le QG de la 7e flotte américaine, dont l’USS George Washington, un porte-avions à propulsion nucléaire, est un élément clé.
Cependant, il est difficile de déterminer si de l’armement a été retiré de ces bases pour être envoyé au Moyen-Orient. Le lieutenant-colonel Vincent Arbaretier indique : « Il y a des choses qu’on ne saura jamais. Il y a peut-être des munitions qui ont été transférées. En fait, il faut avoir un système de renseignement très développé pour savoir exactement ce que les Américains ont fait. »
Un point fait consensus : l’intensité du conflit dans le détroit d’Ormuz met les stocks militaires américains sous tension. Taïwan dépend largement de l’armement américain. Depuis plusieurs années, les États-Unis livrent des équipements destinés à dissuader une invasion chinoise. En décembre 2025, Washington a approuvé la vente de 82 lance-roquettes, près de 400 missiles longue portée, et des missiles antichars Javelin.
Plus les États-Unis consomment de munitions au Moyen-Orient, plus leur capacité à soutenir Taïwan devient compliquée. Le Pentagone a déjà annoncé la suspension des futures ventes d’armes. Hung Cao, le secrétaire par intérim de la Marine aux États-Unis, a déclaré : « Pour l’instant, nous faisons une pause pour être sûrs que nous avons les munitions dont nous avons besoin pour l’opération Epic Fury. »
Aucune preuve ne permet d’affirmer que des armes spécifiquement destinées à protéger Taïwan ont été réquisitionnées pour la guerre au Moyen-Orient. Cependant, si le conflit se prolonge, les États-Unis pourraient rencontrer des difficultés à maintenir leur soutien militaire à Taïwan.
Source : Franceinfo
