Les États-Unis lancent un programme de subventions pour les causes « Maga » en Europe
Le département d’État américain a annoncé qu’il est prêt à allouer jusqu’à 5 millions de dollars pour financer deux ou trois groupes européens affiliés au mouvement Maga (Make America Great Again), selon le Financial Times. Ce programme vise à lutter contre la « cen » et l’immigration, tout en renforçant les « liens civilisationnels » entre les États-Unis et l’Europe. Les subventions seront accessibles à diverses entités, y compris des organisations caritatives, des think-tanks, des structures éducatives et même des particuliers, chaque groupe pouvant recevoir jusqu’à 3 millions de dollars.
Dans un communiqué, le département d’État a précisé que cette initiative répond à une « dérive bureaucratique supranationale » en Europe, qui, selon lui, concentre le pouvoir dans des institutions technocratiques moins responsables vis-à-vis des choix démocratiques. Le texte souligne également que le « lawfare », ou la manipulation des systèmes juridiques à des fins politiques, est devenu un outil majeur pour réprimer la liberté d’expression et l’engagement civique.
Cette annonce n’est pas une surprise, car le Financial Times avait déjà rapporté en février que la Maison-Blanche envisageait de rediriger des fonds d’aide internationale vers des groupes pro-Maga en Europe. Des représentants du département d’État ont rencontré Toby Young, fondateur de l’organisation britannique « Free Speech Union ». Par ailleurs, le Guardian a révélé que le département d’État prévoit de débloquer 12 millions de dollars pour des organisations conservatrices britanniques, dont 5 millions pour Free Speech Union International.
Ces initiatives suscitent des inquiétudes, notamment en Allemagne, où le parti d’extrême droite AfD est en tête des sondages et pourrait accéder au pouvoir dans le Land de Saxe-Anhalt. Le chancelier Friedrich Merz a qualifié d’illégale toute ingérence américaine dans les élections régionales, appelant les États-Unis à ne pas s’immiscer dans les affaires électorales allemandes.
Des anciens responsables américains, cités par le Guardian, affirment que ce programme de subventions n’est qu’un avant-goût d’une série de mes que le département d’État envisage pour renforcer le soutien aux groupes d’extrême droite en Europe. L’administration américaine a régulièrement accusé l’Europe d’étouffer la liberté d’expression, en tentant de réguler les discours haineux et en minimisant les expressions de souveraineté nationale.
Malgré le soutien américain aux partis conservateurs, les résultats sont mitigés. La visite récente du vice-président américain J.D. Vance en Hongrie, visant à soutenir Viktor Orban, n’a pas conduit à des victoires électorales. Par ailleurs, la guerre en Iran a exacerbé les préoccupations économiques en Europe, poussant certains dirigeants nationalistes à réévaluer leur relation avec l’administration américaine.
Ces développements soulèvent des questions sur l’avenir des relations transatlantiques et l’influence croissante des mouvements populistes en Europe.
Source : Financial Times, Guardian
