Le calendrier reste extrêmement ambitieux : après Artemis II, les États-Unis accélèrent pour retourner sur la Lune d’ici 2028

Plus de 50 ans après les derniers pas de l’homme sur la Lune, les États-Unis souhaitent y retourner. Après la mission Artemis II, qui a emmené quatre astronautes autour de notre satellite naturel, la mission Artemis III prévue pour 2027 doit préparer le prochain alunissage habité.

Le 7 avril 2026, en tout début de nuit, les quatre membres d’équipage de la mission Artemis II s’apprêtent à disparaître derrière la Lune, perdant tout lien avec la Terre pendant 40 minutes. Ce passage derrière notre satellite naturel constitue l’apogée de cette deuxième mission du programme Artemis, destinée à préparer le retour des astronautes américains sur la Lune, 54 ans après le départ du dernier homme à avoir foulé son sol, l’Américain Eugene Cernan, en décembre 1972, lors de la mission Apollo 17.

Plus d’un demi-siècle plus tard, la Lune est redevenue un objectif pour les États-Unis, qui s’allient cette fois avec des agences spatiales occidentales, notamment européennes, canadiennes et japonaises. La prochaine étape est Artemis III.

Olivier Sanguy, responsable des actualités spatiales à la Cité de l’Espace à Toulouse, souligne la singularité de la mission Artemis III : « Au départ, c’était Artemis II, on fait un tour de Lune et puis Artemis III, on se pose. Quand on regarde ce qui a été fait au moment d’Apollo, on a été beaucoup plus prudent. » Artemis III devrait donc jouer un rôle similaire à celui d’Apollo 9, en testant le matériel nécessaire au futur alunissage avant d’envoyer des astronautes.

Avec l’arrivée du nouvel administrateur de la NASA, Jared Isaacman, la mission Artemis III a été repositionnée comme une sorte d’Apollo 9 bis, visant à tester le matériel lunaire autour de la Terre. Cependant, le calendrier reste « extrêmement ambitieux », selon Sanguy, avec une mission de test prévue en 2027 et un alunissage en 2028.

La Chine, de son côté, affiche également des ambitions lunaires et pourrait tenter un alunissage habité dès la fin de la décennie, possiblement en 2029, pour célébrer les 80 ans de la République populaire de Chine. Olivier Sanguy indique qu’il existe un double agenda politique derrière cette initiative, à la fois pour affirmer la puissance technologique du pays à l’international et pour renforcer le discours nationaliste en interne.

La compétition entre les États-Unis et la Chine est palpable, notamment sur la question de savoir qui sera le premier à retourner sur la Lune. Pour Sanguy, la véritable course pourrait se jouer également au sein des États-Unis, entre les entreprises privées comme Blue Origin de Jeff Bezos et SpaceX d’Elon Musk, qui sont en concurrence pour fournir l’atterrisseur nécessaire aux missions lunaires.

Pour cette mission test Artemis III, l’Italien Luca Parmitano, un astronaute de l’Agence spatiale européenne, a été sélectionné, marquant ainsi une collaboration internationale dans cette nouvelle ère d’exploration lunaire.

Source : Franceinfo

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