Les États-Unis confirment le déploiement d’armes dans l’espace.

Les États-Unis admettent avoir déployé des armes dans l’espace

Les États-Unis admettent avoir déployé des armes dans l’espace

Les États-Unis ont récemment reconnu le déploiement d’armes dans l’espace, une annonce qui a suscité des réactions immédiates de la part de la Chine et de la Russie. La Chine, en tant que grande rivale des États-Unis pour la prééminence mondiale, a appelé Washington à « cesser le déploiement de ses capacités militaires et à se préparer à une guerre dans l’espace ». La Russie, de son côté, a souligné que l’espace devrait être « exempt de tout armement ».

• Quels sont les enjeux de la rivalité ?

L’espace joue un rôle crucial dans les opérations militaires modernes, notamment en matière de ciblage, d’observation, de communication et de brouillage. Comme l’indique le général Fabien Mandon, « celui qui comprend le plus vite et qui agit le plus vite prend l’ascendant ». Sur le front ukrainien, des constellations de satellites telles que Starlink pour Kiev et Rassvet pour Moscou sont essentielles pour le guidage des drones. Par ailleurs, des rapports évoquent que la Chine aurait fourni à l’Iran des images satellites pour cibler des installations militaires, ce que Pékin a démenti.

• De quelles armes parle-t-on ?

Les grandes puissances spatiales ont déjà prouvé leur capacité à détruire des satellites depuis la terre à l’aide de missiles. L’Inde a récemment rejoint le club des ASAT (armes anti-satellites) après avoir détruit l’un de ses satellites en 2019. La nouveauté réside dans la reconnaissance par les États-Unis de posséder des capacités militaires dans l’espace.

Selon un rapport du centre de recherche du Congrès américain de 2024, il existe quatre grands types d’ASAT :

  1. Armes physiques, dites cinétiques, pouvant être tirées depuis le sol, l’atmosphère ou l’espace.
  2. Armes non cinétiques, causant des dommages par des radiations nucléaires ou par l’utilisation de lasers à énergie dirigée et de micro-ondes.
  3. Brouillage électromagnétique.
  4. Attaques informatiques perturbant la collecte ou la transmission de données satellitaires.

Victoria Samson, de l’ONG Secure World Foundation, a suggéré que les « armes » américaines pourraient inclure des brouilleurs qui ne génèrent pas de débris dans l’espace. La France, quant à elle, développe des satellites « patrouilleurs » équipés de lasers ou de brouilleurs pour protéger ses propres engins.

• Quel est le cadre juridique ?

La juriste Laëtitia Cesari souligne qu’il existe un vide normatif, car l’article 4 du Traité de 1967 n’interdit en orbite que les armes de destruction massive et nucléaires. Les déploiements d’armes conventionnelles ne sont pas prohibés, permettant ainsi aux États-Unis de ne pas enfreindre de règles avec cette déclaration. Elle s’inquiète toutefois d’une dynamique « escalatoire ».

La question d’une course aux armements sera probablement abordée lors de la prochaine conférence de désarmement de l’ONU en novembre. Moscou et Pékin travaillent depuis deux décennies sur un traité visant à prévenir le placement d’armes dans l’espace, tandis que les États occidentaux se concentrent sur la notion de comportement responsable.

• Que vont faire les rivaux ?

Song Zhongping, commentateur militaire basé à Hong Kong, a affirmé que la Chine ne resterait pas inactive face à cette stratégie spatiale américaine, qui mettrait en péril sa sécurité nationale. Selon lui, la Chine réagira de manière réciproque à l’armement des États-Unis dans l’espace. Victoria Samson a également noté que la Chine et la Russie pourraient utiliser cette déclaration comme justification pour intensifier leurs propres programmes offensifs.

Source : Wall Street Journal

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