Les mauvais calculs de l’Iran

Les mauvais calculs de l’Iran

L’Iran a initialement remporté le premier round de sa confrontation avec les États-Unis, mais l’intransigeance d’une faction radicale du régime a conduit à une série de décisions potentiellement fatales. En attaquant les monarchies du Golfe via ses proxies en Irak et au Yémen, Téhéran a déclenché une réaction inattendue de ces pays.

Les nations du Golfe ont subi, à divers degrés, des attaques massives de drones et de missiles, souvent sans riposte. Ces offensives, orchestrées depuis l’Iran et par des milices chiites sous le contrôle direct de Téhéran, ont mis en lumière la vulnérabilité de la région.

Les limites de la diplomatie

Au cours de la première phase du conflit, l’Arabie saoudite a tenté de freiner l’escalade en privilégiant la diplomatie pour maintenir des relations de voisinage jugées cruciales. La volonté persistante de l’Iran de contrôler le détroit d’Ormuz, une voie maritime stratégique, menace l’économie régionale en plaçant les pays riverains sous la dépendance de Téhéran pour le passage maritime.

Les efforts diplomatiques des pays du Golfe, notamment par le biais de médiations pakistanaises et qataries, ont échoué à prévenir une escalade. Une récente initiative omanaise pour une co-gestion du détroit a été rejetée par l’Iran.

Savoir s’arrêter ou pas

Téhéran aurait pu capitaliser sur ses gains initiaux, mais son intransigeance, alimentée par des rivalités internes, l’a poussé à nchérir. En incitant les rebelles Houthis à ouvrir un nouveau front et à interdire la navigation dans le détroit de Bab el-Mandeb pour les navires saoudiens, l’Iran risque de raviver un conflit oublié, avec des conséquences catastrophiques pour le Yémen.

L’Irak, déjà fragilisé depuis l’invasion américaine de 2003, est le théâtre de divisions internes, et l’influence iranienne sur les milices chiites complique la situation. Des attaques contre le Koweït, la Jordanie et l’Arabie saoudite ont été lancées depuis le territoire iraquien.

Le réveil de l’Arabie saoudite

La récente participation de l’Arabie saoudite à un raid aérien conjoint avec les États-Unis contre des milices iraquiennes marque un tournant dans la politique de Riyad. Après avoir encaissé des attaques sans riposte, les Saoudiens signalent que leur neutralité est désormais révolue. Ce raid a entraîné la mort de six conseillers iraniens opérant avec les milices chiites.

L’annulation de la visite prévue du Premier ministre irakien en Arabie saoudite le 30 juillet souligne la tension croissante. Les attaques lancées depuis l’Irak, notamment à partir de Bassora, visent le Koweït et Erbil au Kurdistan.

En ciblant le Kurdistan, l’Iran prend le risque de provoquer les factions kurdes, qui jusque-là n’avaient pas pris part au conflit. Ce serait une grave erreur stratégique, ouvrant la voie à une offensive terrestre qui a manqué à Washington.

Le calcul iranien selon lequel les pays du Golfe se distanceront des États-Unis et ne riposteront pas s’est révélé erroné. Les Émirats arabes unis, le Koweït et la Jordanie ont déjà mené des raids discrets contre l’Iran, et l’engagement des Saoudiens dans des opérations officielles contre les proxies iraniens indique un changement significatif.

Une capacité opérationnelle limitée, mais un redoutable arsenal

Les armées des pays du Golfe disposent d’un arsenal moderne. Bien que leurs capacités opérationnelles ne soient pas optimales, ce potentiel militaire, en soutien des États-Unis, pourrait infliger de lourds dommages à l’Iran en cas de conflit total.

En lançant des drones contre le port de Damiette en Égypte et en perturbant la navigation en mer Rouge, l’Iran prend un risque supplémentaire. L’Égypte, qui possède des capacités militaires considérables, pourrait s’allier à ses partenaires américains et du Golfe.

La participation d’Israël aux attaques contre l’Iran pourrait également freiner une coalition régionale. L’Arabie saoudite et d’autres pays du Golfe, ainsi que l’Égypte, pourraient être réticents à s’engager aux côtés d’une coalition israélo-américaine.

La situation actuelle en Iran semble être un processus de fuite en avant, similaire à celui vécu par la France sous la Terreur. Les dirigeants iraniens pourraient bientôt faire face à des coalitions plus puissantes que celles rencontrées jusqu’ici. L’attitude des pays occidentaux face à cette dynamique reste à déterminer.

Source : Analyse basée sur des rapports d’actualité récents.

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