Les technologies de l’information et de la communication dans les entreprises en 2025 - Insee Première

Le taux d’usage de l’IA multiplié par trois depuis 2023

En 2025, 18 % des entreprises françaises de 10 salariés ou plus déclarent utiliser au moins une technologie d’intelligence artificielle (IA), soit une augmentation de 8 points par rapport à 2024 et de 12 points par rapport à 2023. Ce taux d’usage a donc été multiplié par trois depuis 2023. Les entreprises utilisant l’IA représentent désormais 66 % du chiffre d’affaires et 59 % de l’emploi total dans les secteurs principalement marchands, hors secteurs financiers et agricoles (contre respectivement 49 % et 40 % en 2024). Cela ne signifie pas que 59 % des salariés français utilisent directement l’IA, mais que la majorité d’entre eux travaillent dans des entreprises qui mobilisent ces technologies de manière organisée pour tout ou partie de leurs tâches.

Figure 1 – Part des entreprises qui déclarent utiliser au moins une technologie d’IA

en %

Figure 1 – Part des entreprises qui déclarent utiliser au moins une technologie d’IA (en %) – Lecture : En 2025, 18 % des entreprises déclarent utiliser au moins une technologie d’intelligence artificielle (IA) en France.
CaractéristiquesFranceUnion européenne
202320242025202320242025
Taille de l’entreprise
De 10 à 49 salariés591561117
De 50 à 249 salariés101531132130
250 salariés ou plus213358304155
Secteur d’activité
Industrie manufacturière571771117
Production et distribution d’énergie, d’eau, gestion des déchets, dépollution591991318
Construction23103611
Commerce4101371219
Transports et entreposage2595811
Hébergement-restauration25124612
Information-communication304259294963
Activités immobilières7142691525
Activités spécialisées, scientifiques et techniques141733193140
Activités de services administratifs et de soutien6111981420
Ensemble6101881320
  • Lecture : En 2025, 18 % des entreprises déclarent utiliser au moins une technologie d’intelligence artificielle (IA) en France.
  • Champ : France, entreprises de 10 salariés ou plus des secteurs principalement marchands hors secteurs agricole, financier et d’assurance.
  • Sources : Eurostat ; Insee, enquêtes TIC entreprises 2023, 2024 et 2025.

L’usage de l’IA est fortement lié à la taille de l’entreprise, en raison des coûts d’adoption fixes : les entreprises de moins de 50 salariés (représentant 85 % de l’échantillon) l’utilisent deux fois moins souvent que celles ayant entre 50 et 249 salariés (12 % des entreprises de cette taille) et presque quatre fois moins que celles de 250 salariés ou plus (respectivement 15 %, 31 % et 58 %). Entre 2023 et 2025, l’usage de l’IA a triplé dans les entreprises de moins de 250 salariés, tandis que la hausse est légèrement plus modérée pour celles de 250 salariés ou plus, où le taux d’usage de l’IA a été multiplié par 2,8.

Cependant, en raison des écarts initiaux, les différentiels de taux d’usage se creusent, passant entre 2023 et 2025 de 16 à 43 points entre les entreprises de moins de 50 salariés et celles de 250 ou plus.

Six entreprises sur dix utilisent l’IA dans le secteur de l’information‑communication

Avec un taux d’usage de 59 %, les entreprises du secteur de l’information‑communication restent de loin celles qui utilisent le plus fréquemment l’IA. Suivent les activités spécialisées, scientifiques et techniques (33 %) et les activités immobilières (26 %). L’usage de l’IA est beaucoup moins répandu parmi les entreprises des transports et de l’entreposage (9 %), de la construction (10 %), de l’hébergement‑restauration (12 %) et du commerce (13 %). L’industrie manufacturière, l’énergie, eau et déchets ainsi que les services administratifs et de soutien se situent dans une situation intermédiaire (17 % à 19 %).

La proportion d’entreprises utilisatrices de l’IA reflète sa diffusion dans l’économie sans tenir compte du poids des entreprises. Dans un secteur comportant de nombreuses entreprises et fortement concentré, si seules les plus grandes entreprises adoptent l’IA, le taux d’usage peut sembler faible alors qu’une part significative de l’activité est potentiellement affectée. En utilisant le taux d’usage de l’IA pondéré par l’emploi, le secteur de l’information‑communication reste en tête avec 85 % de son emploi localisé dans des entreprises utilisant l’IA, devant le secteur « énergie, eau et déchets » (80 %). En revanche, dans les transports et l’entreposage, le taux d’usage non pondéré pourrait sous-estimer la diffusion relative de l’IA (66 % en pondéré, contre 9 % en non pondéré).

La part d’entreprises utilisatrices de l’IA croît particulièrement en 2025 pour les secteurs initialement moins utilisateurs : elle triple dans la construction et double en un an dans l’industrie manufacturière, l’énergie, eau et déchets ainsi que l’hébergement‑restauration. Elle double presque dans les activités scientifiques, les activités immobilières et les transports et l’entreposage. Le commerce constitue une exception, avec un taux d’usage multiplié par 1,3 sur un an, ce qui le place désormais derrière l’industrie manufacturière et l’énergie, eau et déchets. Le taux d’usage de l’IA dans le secteur de l’information‑communication a été multiplié par 1,4 sur un an, mais son écart avec les autres secteurs continue de s’accroître.

Pondérée par l’emploi, la hausse annuelle du taux d’usage varie fortement selon les secteurs : plus de 70 % dans les activités immobilières et les activités administratives et de soutien, de 50 % à 60 % dans la construction, le commerce, l’industrie manufacturière et les activités scientifiques et techniques, et moins de 30 % dans l’hébergement‑restauration, l’information‑communication, les transports et l’entreposage et l’énergie, eau et déchets.

À caractéristiques comparables de taille et secteur d’activité, le fait d’appartenir à une firme multinationale augmente significativement la probabilité d’utiliser l’IA (1,6 fois plus de chances), tout comme le fait d’employer initialement une part plus forte (plus de 15 %) d’ingénieurs et de cadres techniques (1,8 fois plus de chances).

L’adoption de l’IA reste un peu moins fréquente en France que dans le reste de l’Union européenne

L’usage de l’IA demeure légèrement moins fréquent en France que dans l’ensemble de l’Union européenne (UE), où 20 % des entreprises déclarent utiliser au moins une technologie d’IA en 2025. Comme en France, les taux d’usage en Europe sont plus élevés dans les plus grandes entreprises et dans le secteur de l’information‑communication.

En 2025, les entreprises françaises ont comblé leur retard en matière d’usage de l’IA par rapport aux entreprises européennes de même taille, sauf pour celles de moins de 50 salariés, dont le taux d’usage demeure en retrait de 2 points. Le taux d’usage de l’IA atteint désormais le niveau européen pour les entreprises de 50 à 249 salariés et dépasse de 3 points pour celles de 250 salariés ou plus.

Le retard persiste également dans les secteurs les plus avancés en matière d’IA, même s’il est moins prononcé qu’en 2024. Ainsi, le taux d’usage reste inférieur de 4 points au taux européen pour l’information‑communication, et de 7 points pour les activités spécialisées, scientifiques et techniques. Pour les autres secteurs, les niveaux sont désormais très proches de la moyenne de l’UE, à l’exception du commerce (6 points de moins).

Au sein de l’UE, l’utilisation de l’IA reste bien moins répandue dans la plupart des pays d’Europe de l’Est (Roumanie, Pologne, Bulgarie et Hongrie, de 5 % à 10 %), ainsi qu’à Chypre et en Grèce. Elle est beaucoup plus fréquente dans les pays du nord de l’Europe (Danemark, Finlande, Suède, Benelux, de 33 % à 42 %). Les entreprises italiennes et espagnoles déclarent des taux d’usage proches de celui de la France, tandis que l’Allemagne affiche un taux nettement supérieur (26 %).

Le recours à des technologies souvent multiples pour les entreprises qui utilisent l’IA

L’IA recouvre plusieurs types de technologies (l’enquête en distingue huit). En 2025, aucune de celles-ci n’est utilisée par plus d’une entreprise sur dix. Cependant, au sein des entreprises mobilisant l’IA, ces technologies sont fréquemment associées : une majorité (59 %) déclarent en utiliser au moins deux, et 36 % au moins trois (68 % pour les 250 salariés ou plus, et 57 % pour l’information‑communication). Plus de la moitié déclarent utiliser la fouille automatique de texte (analyse du langage écrit, 56 %). Viennent ensuite les outils d’IA générative de texte ou de parole (43 %), et d’images, de vidéos ou de contenu audio (41 %), puis la reconnaissance automatique de la parole (conversion de langage parlé en un format lisible par une machine, 34 %).

Sur un an, les technologies qui augmentent le plus sont la génération de langage parlé ou écrit (+23 points en part de salariés, +5 points en part d’entreprises), l’analyse du langage écrit (+21 points et +6 points), la conversion de langage parlé (+21 points et +3 points). Les autres technologies d’IA progressent également, mais moins rapidement (de 5 à 14 points en part de salariés et 1 à 2 points en part d’entreprises).

Toutes les finalités d’utilisation augmentent

Comme en 2024, la sécurité informatique est la finalité la plus citée, les entreprises utilisatrices représentant 39 % des effectifs salariés. Avec l’essor global de l’IA, l’utilisation de toutes les finalités augmente en 2025, en particulier pour l’organisation des processus d’administration, qui croît de 21 points. Elle devient la deuxième finalité la plus déclarée (38 %), devant la recherche et l’innovation (35 %). Le marketing, qui était la deuxième finalité la plus citée en 2024, augmente de seulement 12 points en 2025 (31 %). Enfin, la logistique reste la finalité la moins évoquée (18 %), même si son pourcentage double en un an.

Figure 3 – Finalité d’utilisation par les entreprises des technologies d’intelligence artificielle

en % des effectifs

Figure 3 – Finalité d’utilisation par les entreprises des technologies d’intelligence artificielle (en % des effectifs) – Lecture : En 2025, les entreprises qui déclarent comme finalité de l’intelligence artificielle (IA) la sécurité informatique représentent 39 % du total des effectifs salariés et 23 % en 2024.
Type de technologie d’IA202320242025
Logistique7918
Comptabilité, contrôle de gestion ou gestion financière101430
Marketing ou ventes121931
Processus de production ou de services111832
R&D1 ou innovation (à l’exclusion de la recherche sur l’IA)141835
Organisation des processus d’administration de l’entreprise81738
Sécurité informatique192339
  • 1. Recherche et développement.
  • Lecture : En 2025, les entreprises qui déclarent comme finalité de l’intelligence artificielle (IA) la sécurité informatique représentent 39 % du total des effectifs salariés et 23 % en 2024.
  • Champ : France, entreprises de 10 salariés ou plus des secteurs principalement marchands hors secteurs agricole, financier et d’assurance.
  • Source : Insee, enquêtes TIC entreprises 2023, 2024 et 2025.

Figure 3 – Finalité d’utilisation par les entreprises des technologies d’intelligence artificielle

  • 1. Recherche et développement.
  • Lecture : En 2025, les entreprises qui déclarent comme finalité de l’intelligence artificielle (IA) la sécurité informatique représentent 39 % du total des effectifs salariés et 23 % en 2024.
  • Champ : France, entreprises de 10 salariés ou plus des secteurs principalement marchands hors secteurs agricole, financier et d’assurance.
  • Source : Insee, enquêtes TIC entreprises 2024 et 2025.

Hormis la logistique, très peu souvent déclarée comme une finalité d’usage de l’IA par les autres secteurs que le commerce (21 %), toutes les finalités apparaissent dans chaque secteur, avec quelques spécificités fortes : les entreprises de l’information‑communication se singularisent par rapport aux autres secteurs en 2025 par leur part élevée d’usage de l’IA pour la recherche ou l’innovation (45 %), l’énergie, eau et déchets pour l’organisation des processus d’administration (50 %), l’immobilier (et dans une moindre me l’hébergement‑restauration) pour le marketing et les ventes (48 %), les activités spécialisées scientifiques et techniques pour les processus de production ou de services (31 %).

Les liens entre technologies mobilisées et finalités d’usage sont plus difficiles à établir, mais des profils particuliers d’entreprises (taille d’entreprise, secteurs, etc.) peuvent être associés à certaines technologies.

L’acquisition des technologies d’IA repose sur l’achat de logiciels ou systèmes du commerce prêts à l’emploi pour 80 % des entreprises utilisant l’IA. Par ailleurs, 73 % des entreprises utilisant l’IA optent pour des services payants de cloud computing, alors que cette proportion n’atteint que 33 % chez celles qui n’y ont pas recours.

En 2025, parmi les entreprises mobilisant l’IA, 73 % déclarent l’utiliser pour optimiser les coûts (gain de temps ou de main‑d’œuvre, automatisation de tâches répétitives), 64 % pour améliorer la qualité et la fiabilité des processus et 56 % pour la réalisation de travaux complexes. Près de deux tiers des entreprises ont cité au moins deux de ces trois motifs.

La moitié des entreprises n’utilisant pas l’IA évoquent le manque d’expertise

Le manque d’utilité est la raison la plus souvent citée pour ne pas utiliser l’IA (71 %), particulièrement par les plus petites entreprises (71 % pour les moins de 50 salariés, contre 54 % pour les 250 ou plus), dans tous les secteurs. Le manque d’expertise est évoqué par 54 % des entreprises, en particulier par celles de 250 salariés ou plus n’ayant adopté aucune technologie d’IA pour lesquelles c’est le motif le plus cité (73 %). Viennent ensuite, pour 38 % des entreprises n’utilisant pas l’IA, l’incompatibilité avec les équipements, logiciels ou systèmes existants (environ la moitié pour les entreprises de 250 salariés ou plus), les inquiétudes concernant la violation de la protection des données et de la vie privée, et le manque de clarté quant aux conséquences juridiques.

Les entreprises utilisant l’IA peuvent également être freinées dans leurs usages : 53 % d’entre elles déclarent l’être par un manque d’expertise, 43 % ont des inquiétudes concernant la violation de la protection des données et de la vie privée, 42 % évoquent un manque de clarté juridique et 33 % évoquent des coûts trop élevés.

Figure 4 – Raisons évoquées par les entreprises pour ne pas utiliser l’intelligence artificielle en 2025

en %

Figure 4 – Raisons évoquées par les entreprises pour ne pas utiliser l’intelligence artificielle en 2025 (en %) – Lecture : En 2025, parmi les entreprises n’utilisant aucune technologie d’intelligence artificielle, 54 % évoquent le manque d’expertise pour ne pas l’utiliser.
Raisons évoquéesDe 10 à 49 salariésDe 50 à 249 salariés250 salariés ou plusEnsemble
Pas d’utilité pour l’entreprise71695471
Manque d’expertise53667354
Incompatibilité avec les équipements38454638
Inquiétudes sur la protection des données37445338
Manque de clarté juridique36485038
Coûts trop élevés31424032
Difficultés liées aux données nécessaires28324929
Considérations éthiques24302725
  • Lecture : En 2025, parmi les entreprises n’utilisant aucune technologie d’intelligence artificielle, 54 % évoquent le manque d’expertise pour ne pas l’utiliser.
  • Champ : France, entreprises de 10 salariés ou plus des secteurs principalement marchands hors secteurs agricole, financier et d’assurance, et n’utilisant aucune technologie d’intelligence artificielle.
  • Source : Insee, enquête TIC entreprises 2025.

Encadré – Cinq profils d’entreprises utilisant l’IA en 2025

En 2025, les entreprises utilisant l’IA peuvent être regroupées en cinq grandes catégories au moyen d’une méthode statistique de classification :

• Groupe 1 : usages principalement concentrés sur l’IA générative

Ces entreprises utilisent très majoritairement une seule technologie, le plus souvent l’IA générative. Plus de 80 % emploient moins de 50 salariés, contre 70 % pour l’ensemble de celles utilisant l’IA. Elles représentent un quart de celles ayant un usage de l’IA en 2025, et emploient 8 % de leurs salariés. Le secteur de la construction y est surreprésenté et celui de l’information‑communication sous-représenté. Ces entreprises sont relativement plus nombreuses (28 %) à ne pas déclarer de finalité précise à l’IA (18 % globalement).

• Groupe 2 : usages principalement concentrés sur l’analyse de langage écrit

Ces entreprises utilisent majoritairement une seule technologie, principalement l’analyse de langage écrit, parfois accompagnée de conversion de langage parlé. Ce groupe, constitué aux trois quarts d’entreprises de moins de 50 salariés, représente un tiers des entreprises ayant adopté l’IA et 14 % de leurs salariés. Avec presque deux entreprises sur cinq, les services aux entreprises y sont surreprésentés.

• Groupe 3 : usages principalement concentrés sur des IA plus spécialisées

Ces entreprises utilisent de façon privilégiée l’automatisation et l’aide à la prise de décision (67 %), le machine learning (46 %) et la robotisation (22 %). Ce groupe est constitué pour deux tiers d’entreprises de moins de 50 salariés. Il représente 16 % des entreprises utilisant l’IA et 10 % de leurs salariés. Les entreprises industrielles regroupent la moitié des salariés, mais le commerce et les transports et l’entreposage y sont aussi relativement bien représentés. La logistique y est plus souvent citée que dans les autres groupes comme finalité de l’IA, tout comme la comptabilité-gestion.

• Groupe 4 : usages diversifiés, incluant fréquemment l’IA générative

Ces entreprises se caractérisent par une forte adoption de l’IA générative, génération de langage écrit ou parlé (95 % des entreprises) ou de contenu audiovisuel (87 %). Elles mobilisent au moins trois technologies, et 38 % déclarent l’usage d’au moins cinq. Les entreprises de plus de 50 salariés y sont surreprésentées, couvrant près de la moitié de ce groupe. Elles représentent 15 % des entreprises utilisant l’IA et 20 % de leurs salariés. L’information‑communication et le commerce y sont surreprésentés.

• Groupe 5 : usages très diversifiés

Les entreprises de ce groupe utilisent au moins cinq technologies d’IA et près des deux tiers ont développé ces technologies en interne, soit trois fois plus que pour l’ensemble des entreprises utilisatrices d’IA. Ce sont plus souvent que dans les groupes précédents des grandes entreprises de 250 salariés ou plus. Avec seulement 10 % des entreprises utilisant l’IA, il rassemble la moitié (48 %) de leurs salariés. Les services aux entreprises et l’information‑communication y sont surreprésentés.

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