Comment les entreprises de l’IA organisent le chômage généralisé dans le monde
Des entreprises telles que Micro1, Outlier AI et Alignerr se spécialisent dans le recrutement d’experts pour perfectionner les modèles de langage (LLM). Cette dynamique soulève des interrogations sur la pérennité de ces emplois, alors que les experts eux-mêmes pourraient devenir obsolètes.
Pour Ali Ansari, le dirigeant de Micro1, la nécessité d’experts humains émerge d’un constat simple : après l’entraînement initial des LLM sur des jeux de données massifs, il devient difficile d’améliorer ces modèles uniquement avec les données disponibles. Les jeux de données, bien que vastes, finissent par atteindre leurs limites. Micro1 propose donc de recruter des spécialistes pour partager leurs connaissances et affiner les modèles.
Les laboratoires d’IA, selon Ansari, améliorent leurs modèles à travers une phase de post-entraînement, qui nécessite des données nouvelles fournies par des experts. Ces derniers sont chargés de soumettre les modèles à des requêtes difficiles, permettant ainsi de créer les données nécessaires à leur perfectionnement. Les laboratoires consomment ensuite ces données pour renforcer leur expertise dans divers domaines tels que la finance, la médecine et le droit.
Une plateforme d’IA pour l’intelligence humaine
Micro1 n’est pas seule sur ce marché. D’autres plateformes comme Mercor et Ethos se sont également développées, recrutant des spécialistes pour évaluer et corriger les modèles de langage. Ces experts, qui incluent des médecins, juristes et ingénieurs, sont rémunérés à la tâche, avec des tarifs horaires variant de quelques dizaines à plusieurs centaines d’euros. Les tâches proposées vont de l’évaluation générale des modèles à des missions spécifiques dans des domaines pointus comme la cardiologie ou la géopolitique.
Certains professionnels choisissent de s’engager dans ces activités pour un complément de revenu ou par intérêt pour l’IA, tandis que d’autres se tournent vers ces plateformes après avoir vu leur propre emploi remplacé par l’automatisation.
Données ou statistiques
Le Bureau of Labour Statistics des États-Unis a rapporté que l’économie américaine a créé 162 000 emplois en août 2023, faisant ainsi baisser le taux de chômage à 4,1 %, un niveau historiquement bas. En parallèle, le secteur des services professionnels et aux entreprises a connu une baisse de l’embauche d’environ 10 % par rapport à la moyenne de 2015-2019. Les grandes entreprises technologiques, telles qu’Amazon, Meta et Microsoft, ont effectué plusieurs vagues de licenciements, remplaçant des travailleurs par des IA. En moyenne, 16 000 postes ont été supprimés ou automatisés chaque mois depuis le début de l’année 2023.
Conséquence directe
Cette dynamique soulève des inquiétudes quant à l’avenir de l’emploi dans des secteurs de plus en plus automatisés, tout en créant de nouveaux postes dans le domaine de l’IA. Les experts humains restent essentiels pour garantir que les modèles d’IA évoluent en phase avec les valeurs et les besoins de la société.
Source : JDN – Gemini.

