Au Japon, les enseignants, eux aussi, bientôt privés de smartphone à l'école ?

Au Japon, les enseignants, eux aussi, bientôt privés de smartphone à l’école ?

Avec l’interdiction récente des téléphones portables pour les élèves dans les établissements scolaires japonais, la question de l’utilisation de ces appareils par les enseignants se pose de plus en plus. Plusieurs collectivités locales ont déjà tranché en faveur de restrictions similaires. Un sociologue japonais a récemment publié les résultats d’une étude, la première du genre, qui a été réalisée auprès de plus de 370 enseignants, allant du primaire au lycée.

L’enquête révèle que près de 40 % des enseignants japonais ont reçu l’ordre de ne plus utiliser leur téléphone portable personnel à l’école. Pour d’autres, certaines fonctions, comme l’appareil photo, sont interdites. En cumulant ces interdictions totales et partielles, 63 % des enseignants doivent se conformer à ces nouvelles règles. Actuellement, il n’existe pas de réglementation nationale sur ce sujet ; ce sont les commissions locales d’éducation qui décident des politiques à appliquer, entraînant des disparités significatives entre les régions.

Des élèves pris en photo dans les vestiaires par des enseignants

L’augmentation des restrictions sur l’utilisation des smartphones par les enseignants s’explique en partie par des scandales de voyeurisme survenus dans les écoles japonaises. En 2025, deux enseignants de Nagoya et Yokohama ont été arrêtés pour avoir partagé illégalement des photos de leurs élèves, prises dans les vestiaires, sur un forum en ligne. Ces affaires ont suscité une forte réaction des médias et des associations de parents d’élèves, entraînant une pression sur les autorités pour qu’elles agissent. En conséquence, de nombreuses municipalités ont décidé d’interdire les téléphones portables aux enseignants.

Les enseignants japonais se retrouvent ainsi dans une situation délicate. Ils doivent se conformer aux directives sans avoir leur mot à dire, de peur de sanctions. Cependant, beaucoup soulignent que ces appareils leur étaient utiles pour des raisons pédagogiques, comme la prise de photos pour des projets de classe. Ils s’inquiètent également des implications en cas d’urgence, par exemple si un élève se blesse ou tombe malade.

Source : Radio France

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