Les enseignants du privé signalent une perte de salaire de 40 à 150 euros par mois.

C’était notre dernier avantage, on va perdre 40 à 150 euros par mois : les enseignants du privé dénoncent une baisse des salaires inévitable

L’Enseignement catholique a dénoncé l’an dernier l’accord organisant la prise en charge de la garantie prévoyance de ses personnels. Une décision qui pourrait coûter aux enseignants du privé plusieurs centaines d’euros par an. En cette rentrée, ils s’insurgent contre leur « paupérisation », en particulier les mamans solos, comme à Rognonas.

En ce lundi, la classe a déjà repris pour les écoliers et collégiens du groupe scolaire privé Alpilles-Durance de Rognonas, dans les Bouches-du-Rhône. Laetitia Lust, enseignante, ressent une grande inquiétude. Malgré un salaire brut quasi gelé depuis des années, sa rémunération réelle nette pourrait chuter au 1er janvier 2027. Cette situation contraste avec les promesses de revalorisation salariale des candidats à la présidentielle. Selon Laetitia Lust, déléguée du syndicat SEP Provence CFDT, « on va perdre au moins 40 euros par mois, et pour certains jusqu’à 150 euros ».

La source de cette inquiétude est la couverture prévoyance santé, qui prend le relais du salaire pour les enseignants lorsqu’ils sont malades plus de 90 jours ou reconnus invalides. Actuellement, seulement 7 euros par mois sont prélevés sur leur salaire pour cette prévoyance, le reste étant pris en charge par les diocèses employeurs, via les Organismes de gestion de l’Enseignement catholique (OGEC). Cet avantage, évalué à 66 millions d’euros pour toute la France, devrait disparaître à la fin de l’année.

Laetitia Lust souligne que « au lieu de 7 euros, la couverture prévoyance nous coûtera au minimum 40 ! ». Les enseignants du privé ne bénéficient pas des mêmes primes que leurs homologues publics, et leurs cotisations sociales sont plus élevées. En fin de carrière, leur pension est également moins avantageuse.

À partir de l’an prochain, les salariés de l’enseignement privé devront contracter une prévoyance complémentaire par eux-mêmes, ce qui pourrait grever leur salaire d’au moins 40 euros par mois. Cette situation est particulièrement préoccupante pour les femmes, souvent mères célibataires, et pour les maîtres auxiliaires en précarité. Des devis atteignant jusqu’à 150 euros par mois ont été signalés pour les personnes déjà malades.

Les garanties couvertes par la nouvelle prévoyance sont également jugées insuffisantes, avec une prise en charge du salaire après 90 jours de maladie réduite à 80% au lieu de 95%. Les enseignants s’organisent pour faire entendre leur voix, avec des actions menées à travers la France, mais la réponse des diocèses reste timide.

En cette rentrée 2026, les enseignants du groupe scolaire privé de Rognonas continuent leur action, refusant d’asr la « 25ème heure » hebdomadaire, celle consacrée aux enseignements religieux. Ils espèrent que les négociations en cours avec l’OGEC permettront de conserver leurs garanties.

Cette situation soulève des questions sur la pérennité des conditions de travail et de rémunération des enseignants du privé, alors que le 31 décembre approche, marquant la fin du contrat actuel de prévoyance.

Source : France 3 Provence-Alpes

Source

Comments

No comments yet. Why don’t you start the discussion?

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *