Les effets physiques de la foudre sur le corps humain sont très peu connus
Le Dr Foussat, le seul kéraunopathologue en France, met en lumière les conséquences méconnues des fulgurations sur la santé humaine. Cette spécialité, qui étudie les effets de la foudre sur le corps, a émergé à la fin des années 1980 mais n’a véritablement pris son essor qu’au cours des deux dernières décennies.
Une discipline en pleine évolution
La kéraunopathologie, terme dérivé du grec « keraunos » signifiant foudre, s’intéresse aux séquelles laissées par des décharges électriques d’une intensité pouvant atteindre plusieurs millions de volts. Selon le Dr Foussat, les effets physiques de la foudre sur le corps humain nécessitent encore de nombreuses recherches. Sa thèse, soutenue en 2018, portait sur les troubles neurologiques à court et long terme des patients ayant survécu à un foudroiement.
Répartition géographique des cas
Les patients du Dr Foussat proviennent principalement de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, mais des cas sont signalés dans tout le pays, de l’ouest à l’est, et du nord au sud. Il observe une tendance inquiétante : une diminution de la peur des orages et une protection insuffisante pendant ces événements. De plus, le dérèglement climatique intensifie la fréquence et la rapidité des orages, qui peuvent désormais survenir de mars à novembre, alors qu’ils étaient historiquement concentrés entre juin et août.
Statistiques préoccupantes
En France, on estime entre 300 et 500 le nombre de cas de foudroiement par an, avec une mortalité de 5 à 10 %. Un généraliste sur deux n’est jamais confronté à un tel cas durant sa carrière, ce qui souligne l’importance d’une expertise spécialisée. Les survivants présentent souvent des symptômes variés, allant de la fatigue chronique à des troubles neuropsychologiques.
Prise en charge des victimes
Le Dr Foussat consacre 10 % de son temps à des consultations spécialisées en visio depuis le Centre hospitalier d’Aurillac, intervenant tant pour des victimes individuelles que pour des groupes touchés lors d’événements collectifs. Il sert de relais pour environ quinze personnes fulgurées chaque année.
Recherche en cours
Une étude clinique menée entre 2018 et 2021, en collaboration avec des équipes du CNRS, a réussi à démontrer que la foudre laisse une trace biophysique dans le corps humain. Des nanocomposites ont été détectés en quantité significative dans le sang et les urines des victimes. Cependant, des recherches supplémentaires sont nécessaires pour établir des liens entre ces traces et les symptômes ressentis par les personnes touchées.
Pour plus d’informations, vous pouvez consulter la thèse du Dr Foussat sur les troubles neurologiques associés aux foudroiements ici.
Source : Le Télégramme


