
Les édulcorants aident-ils à faire baisser la glycémie ?
Pour près de 4 millions de Français diabétiques qui doivent surveiller leur glycémie, les édulcorants s’affichent comme un moyen précieux pour retrouver le goût « sucré » sans risque. Cependant, leur efficacité et leur innocuité suscitent des interrogations. Certains experts avancent qu’ils pourraient perturber le microbiote intestinal, tandis que d’autres estiment que leur goût sucré pourrait tromper le cerveau et influencer la régulation de la glycémie. Démêlons le vrai du faux.
Qu’est-ce qu’un édulcorant ?
Les édulcorants, qu’ils soient naturels ou de synthèse, sont utilisés dans l’industrie agroalimentaire pour remplacer tout ou partie du sucre dans divers produits, tels que les sodas « zéro », les yaourts allégés ou les chewing-gums sans sucre. Ils se divisent en deux grandes catégories :
- Édulcorants intenses : comme l’aspartame, le sucralose, la stévia ou l’acésulfame K, qui possèdent un pouvoir sucrant très élevé et sont utilisés en très petites quantités. Ils apportent peu ou pas de calories et ont un impact négligeable sur la glycémie.
- Édulcorants de charge : également appelés polyols (xylitol, sorbitol, maltitol, érythritol), qui apportent du volume aux aliments en plus de leur goût sucré. Leur effet sur la glycémie varie selon la molécule.
Sucralose, polyols, aspartame, stevia, saccharine : quel est l’indice glycémique des édulcorants ?
La grande majorité des édulcorants n’entraînent pas ou très peu d’élévation de la glycémie. Les édulcorants intenses, comme l’aspartame et le sucralose, sont utilisés en très faibles quantités et n’ont pas d’impact significatif sur la glycémie. Les polyols, quant à eux, ont aussi un effet généralement faible, mais le maltitol peut entraîner une augmentation plus marquée de la glycémie, car il est partiellement absorbé dans l’intestin.
Usage à long terme et risques associés
Bien que l’usage ponctuel d’édulcorants n’ait pas d’incidence immédiate sur la glycémie, leur utilisation régulière à long terme est plus controversée. Une revue systématique commandée par l’OMS a mis en évidence des associations avec un risque plus élevé de diabète de type 2, sans prouver que les édulcorants en sont la cause. Par conséquent, l’OMS ne recommande pas leur utilisation comme stratégie de contrôle du poids à long terme.
De plus, l’usage des édulcorants pourrait entretenir l’appétence pour le sucré. Selon le Dr Rahbi, l’objectif ne devrait pas être de remplacer le sucre, mais de s’en déshabituer progressivement.
Quel est le meilleur édulcorant pour les diabétiques ?
Du point de vue de leur effet sur la glycémie, la plupart des édulcorants se valent. Les édulcorants intenses comme la stévia, l’aspartame, le sucralose ou la saccharine n’apportent pas ou très peu de glucides. Parmi les polyols, la majorité ont également un impact limité, à l’exception du maltitol.
Quels édulcorants à éviter ?
À ce jour, aucun des édulcorants autorisés dans l’Union européenne n’est considéré comme dangereux lorsqu’il est consommé dans les limites fixées par les autorités sanitaires. L’aspartame a suscité des débats, étant classé en 2023 comme « peut-être cancérogène pour l’homme » par le Centre international de recherche sur le cancer, bien que cela ne prouve pas qu’il provoque des cancers aux doses habituellement consommées.
La question des édulcorants concerne donc moins un risque toxique immédiat qu’une utilisation excessive et quotidienne, notamment si elle entretient une forte attirance pour le goût sucré ou conduit à consommer davantage de produits ultratransformés.
Source : Santé Magazine


