Les éditions Dupuis sous l’analyse d’un officier de presse allemand en 1940-1941

Les éditions Dupuis vues par un officier de presse allemand : 1940–1941…

Les éditions Dupuis vues par un officier de presse allemand : 1940–1941

A-t-on détruit, pendant l’été 1940, l’intégralité du tirage du n° 20 de l’hebdomadaire Spirou ? C’est en tout cas ce qu’écrit Burckas, un officier de presse et de cen allemand basé à Charleroi, dans son rapport du 12 août 1940 à la Propaganda-Staffel de Bruxelles.

Contexte factuel

Suite à l’invasion allemande de la Belgique le 10 mai 1940, une administration militaire d’occupation est mise en place. Son objectif principal est d’administrer le territoire en collaboration avec les autorités locales, tout en intégrant le pays à l’économie de guerre allemande. Le contrôle de la presse belge est confié à la Propaganda-Staffel B, qui devient la Propaganda-Abteilung Belgien à partir de novembre 1940. À la fin mai, de nombreux journaux et magazines commencent à réapparaître, certains publiés par leurs propriétaires légitimes, d’autres non.

Burckas, l’auteur des rapports, est attaché à l’Oberfeldkommandantur 520 à Charleroi. Il surveille les éditeurs dans sa zone d’action, notamment les éditions Dupuis, qui produisent plusieurs hebdomadaires, dont Spirou et Robbedoes.

Données ou statistiques

Dans son rapport du 20 juin 1940, Burckas recense les tirages des magazines de Dupuis :

  • Environ 102 000 exemplaires hebdomadaires pour Le Moustique
  • 12 000 pour Humoradio
  • 110 000 pour Les Bonnes Soirées
  • 45 000 pour De Haardvriend
  • 39 000 pour Spirou
  • 13 000 pour Robbedoes

Il mentionne également des tirages mensuels de romans d’environ 10 000 à 15 000 exemplaires.

Le 28 juin 1940, Dupuis demande la relance de Bonnes Soirées et De Haardvriend, ce qui est accepté sous cen préalable. Ces magazines reprennent leurs publications début juillet 1940, atteignant respectivement 35 000 et 25 000 exemplaires dès la deuxième semaine.

Conséquence directe

Le contrôle exercé par l’occupant allemand sur le contenu des publications entraîne une restructuration de Spirou et Robbedoes, qui reprennent le 22 août 1940 avec des tirages respectifs de 28 000 et 10 000 exemplaires, soit une baisse par rapport aux chiffres d’avant-guerre. L’occupation allemande, paradoxalement, rend ces publications plus belges qu’elles ne l’ont jamais été.

Source : Sébastien Baudart, Liberas

Source

Comments

No comments yet. Why don’t you start the discussion?

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *