Les écoles, un terreau pour la violence : analyse de la situation actuelle
Quelles que soient leur nature — qu’elles soient « libres » ou strictes, républicaines ou confessionnelles — toutes les écoles qui viennent de faire leur rentrée sont confrontées à un fléau persistant : la violence scolaire. Ce phénomène touche tous les élèves, qu’ils soient issus de milieux favorisés ou défavorisés, et contribue à la formation de futurs tyrans, qui perturbent la vie d’autrui.
Un professeur sadique peut transmettre un goût pour la domination par l’humiliation, la peur ou même la violence physique. De même, des groupes de harceleurs peuvent initier un élève aux pratiques de bizutage. Qu’il soit victime ou complice, l’école reste le lieu où se forge l’identité de ces jeunes, souvent entre victime et bourreau.
Cette réalité est illustrée dans deux bandes dessinées : Oui Chef, un maestro aux pianos de Florence Cestac et Serge-Antoine Quéron, et Les 400 coups, certains les font, d’autres les prennent (Fluide Glacial), qui rassemblent les témoignages de 23 auteurs sur leurs pires souvenirs d’école.
Une issue par l’art
Les récits présentés sont rarement introspectifs. Ils mettent souvent en cause les enseignants ou les pairs, déjà formés en sociétés. Face à l’indifférence des parents et au silence ambiant, de nombreux auteurs trouvent refuge dans le dessin, parfois même dans la bande dessinée. Cet art devient alors une forme de revanche, comme en témoigne la publication d’un album. Pour d’autres, la violence peut mener à des actes regrettables, souvent mal compris, mais qui pourraient, dans un contexte cinématographique, être interprétés comme des divertissements.
La violence dans le milieu professionnel
La violence ne se limite pas aux écoles classiques. Elle est également présente dans les écoles spécialisées, comme celles de la gastronomie. L’expérience d’Oscar Belmanger, personnage fictif inspiré par un ancien condisciple de l’école des Beaux-Arts de Rouen, illustre comment la passion pour la cuisine peut se transformer en un parcours de souffrance et de violence, où l’élève apprend à devenir ce qu’il a subi.
Ce phénomène de transmission de la violence, sous prétexte d’excellence, soulève des questions sur la nature même de l’éducation et le rôle des institutions dans la formation des individus.
Source : L’Express

