Les dinosaures, déjà en berne avant l’astéroïde ?

Les dinosaures, déjà en berne avant l’astéroïde ?

Peu de doutes subsistent quant à l’impact d’un astéroïde géant qui s’est écrasé dans le Yucatán, au Mexique, il y a 66 millions d’années, marquant la fin de l’ère des dinosaures non aviens. Cependant, le débat persiste sur la nature de cette extinction : a-t-elle été brutale ou a-t-elle touché un groupe déjà en déclin ? Fabien Condamine, chercheur au CNRS à l’Institut des sciences de l’évolution de Montpellier, et son équipe soutiennent la seconde hypothèse, affirmant que le nombre d’espèces de dinosaures avait déjà commencé à diminuer 10 millions d’années avant la catastrophe.

Les données géologiques indiquent que le climat terrestre a connu des refroidissements significatifs entre 80 et 66 millions d’années, avec une baisse de 7 °C dans l’Atlantique nord et jusqu’à 10 °C dans l’hémisphère Sud. Ces changements climatiques, associés à la disparition de certaines espèces, pourraient expliquer la pauvreté du registre fossile de cette époque. En 2019, une autre étude menée par Alfio Alessandro Chiarenza de l’Imperial College à Londres a suggéré que les dinosaures auraient migré vers des régions plus favorables, rendant leurs restes fossiles plus rares sans pour autant indiquer une baisse démographique.

Pour évaluer cette dynamique, Condamine et ses collègues ont analysé six familles de dinosaures bien documentées, comprenant trois familles d’herbivores et trois de carnivores. Ils ont observé que les extinctions d’espèces dépassaient les nouvelles spéciations, surtout au Campanien (84 à 72 millions d’années) et au Maastrichtien (72 à 66 millions d’années). Ce déclin semble donc bien réel, se manifestant 10 millions d’années avant l’impact de l’astéroïde.

Les raisons de ce déclin incluent un refroidissement global accru perturbant les écosystèmes. Les chercheurs soulignent aussi l’interdépendance entre espèces, notamment la prolifération des hadrosauridés, qui aurait réduit la diversité d’autres herbivores, tels que les cératopsiens et les ankylosaures.

Enfin, il est noté que les extinctions au Maastrichtien touchaient principalement les taxons les plus anciens, avec un taux d’extinction qui augmente avec l’âge des espèces. Les espèces établies depuis longtemps dans leur écosystème semblaient moins aptes à s’adapter aux nouvelles conditions climatiques.

Ces résultats suggèrent que l’impact de l’astéroïde a davantage accéléré la disparition de familles de dinosaures déjà affaiblies qu’il ne l’a déclenchée. À cette époque, alors que les dinosaures luttaient pour la survie, de petits mammifères commençaient à émerger dans leur écosystème.

Source : Pour la Science.

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