REPORTAGE.

« Être salariée en m’occupant de mon enfant relève d’un véritable combat » : le quotidien difficile des aidants

Souvent invisibles, les aidants réclament davantage de reconnaissance et de soutien. Face aux difficultés administratives et au manque de statut, un nouveau syndicat veut défendre leurs droits et obtenir une meilleure prise en charge.

Certains Français ne partent pas en vacances, non pas par manque de moyens, mais parce qu’ils doivent s’occuper d’un proche malade, en situation de handicap ou âgé. Ces « aidants », qui seraient entre 8 et 11 millions selon les sources gouvernementales, représentent une population diversifiée et souvent méconnue.

Martine, retraitée en Seine-Saint-Denis, s’occupe de sa mère de 90 ans, atteinte de la maladie d’Alzheimer. « Mon mari s’occupe aussi de sa maman, pour permettre à mon beau-frère de partir en vacances. Le problème des aidants, c’est le répit », explique-t-elle. Martine bénéficie d’une aide appelée « le répit », qui permet à un professionnel de prendre en charge sa mère pendant six jours, une me introduite par un décret d’août 2025.

D’autres aidants, comme Sylvia, continuent de travailler tout en s’occupant d’un proche. Sylvia vit à Forbach avec son fils de 10 ans, Gianni, atteint d’une maladie génétique rare. « Aujourd’hui, le fait d’être encore salariée tout en m’occupant de mon enfant relève d’un véritable combat », déclare-t-elle. Pour compenser son temps consacré à son fils, elle perçoit une allocation de 33 euros par demi-journée, mais cette aide est limitée à six ans.

Les démarches administratives pour obtenir ces aides sont souvent complexes. Sonia Jabri, mère d’une jeune femme de 18 ans atteinte de polyhandicap, a créé le Syndicat national des aidants pour défendre leurs droits. Elle dénonce les difficultés rencontrées pour remplir les dossiers de la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH). « Pourquoi ne pas mettre automatiquement les aides en place dès le diagnostic d’une maladie, d’un handicap ou d’une dépendance ? », interroge-t-elle.

Selon la Ligue contre le cancer, les aidants permettent à la société d’économiser près de 11 milliards d’euros par an en assurant gratuitement une grande partie de l’accompagnement. Sonia Jabri plaide pour une loi qui accorderait un véritable statut aux aidants et faciliterait l’accès à des aides.

La lutte pour la reconnaissance et le soutien des aidants se poursuit, avec l’espoir que leur situation soit enfin prise en compte par les autorités.

Source : Franceinfo

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