Les démocraties solides n’emprisonnent pas leurs opposants, elles les battent dans les urnes : le tacle de l’avocat de Bilie-By-Nze
Au lendemain du rejet de ses trois recours par la Cour d’appel de Libreville, l’avocat parisien d’Alain-Claude Bilie-By-Nze, Me Arthur Vercken, a critiqué la décision judiciaire lors d’une intervention sur Global Africa Télésud le 11 juin. Il a qualifié la procédure de « hallucinante », évoquant une infraction « inexistante » et une chaîne pénale « aux ordres de l’exécutif ».
Me Vercken a souligné que le rejet des recours, portant sur la liberté provisoire, la nullité de l’ordonnance de placement en détention et la nullité de la procédure, dépasse le cadre d’un simple défaut de motivation. Selon lui, cette affaire est devenue « un test de l’état de droit au Gabon » et une « mascarade » visant à écarter un opposant politique.
L’avocat a également dénoncé les conditions de détention de son client, qu’il a qualifiées de « très dures », mentionnant des semaines passées dans une cellule sans lumière et des restrictions à la lecture. Il a affirmé : « Cet homme politique est enfermé pour rien ».
Concernant le processus judiciaire, Me Vercken a décrit une série de délais non respectés et un manque de réponse des autorités judiciaires. Il a ironisé sur le fait que la chambre d’accusation avait annoncé des dates de délibéré qu’elle n’a pas respectées, et a résumé la situation en déclarant que les recours « tombent dans le vide ».
Sur le fond, l’avocat a remis en question l’existence même des faits reprochés à Bilie-By-Nze, rappelant que des fonds avaient été avancés en 2008 pour financer une fête culturelle, et que l’État avait ensuite décidé de ne rembourser personne. Il a posé la question : « Elle est où, l’escroquerie ? », qualifiant son client de « victime de la carence de l’État ».
L’intervention de Me Vercken a également pris une tournure politique, critiquant la chaîne pénale qu’il juge sous l’influence de l’exécutif. Il a déclaré à un porte-parole de la présidence, qui défendait l’indépendance de la justice : « Que voulez-vous qu’ils vous disent d’autre ? ». En réponse à l’absence de réaction au sein du système judiciaire, la défense a saisi plusieurs organismes internationaux, dont la Commission africaine des droits de l’homme et l’ONU.
En conclusion, Me Vercken a souligné que si le chef de l’État considère Bilie-By-Nze comme « son ami », c’est parce qu’il craint le symbole que représente cet opposant. Il a conclu avec une phrase forte : « Les démocraties solides n’emprisonnent pas leurs opposants politiques, elles les battent dans les urnes ».
Source : Gabonreview.com
