Green IT : comment les datacenters ont perdu la motivation écologique

Les ambitions écologiques des datacenters en déclin face à l’essor de l’IA

Les ambitions écologiques des opérateurs de datacenters semblent s’être estompées au profit de la performance technologique. Selon une enquête du cabinet Uptime Institute réalisée en 2025, l’émergence de l’intelligence artificielle générative a éclipsé les priorités environnementales, favorisant une course à la puissance de calcul. Les indices de rendement énergétique (PUE) avaient pourtant montré une nette amélioration dans les années 2000, passant d’une moyenne de 2,5 en 2007 à 1,65 en 2014.

Les grandes entreprises technologiques, qui avaient pris des engagements pour atteindre la neutralité carbone, admettent maintenant la difficulté de respecter ces objectifs. Par exemple, Google a requalifié son but de zéro émission nette en un « projet ambitieux » dans son rapport de développement durable de 2025, affirmant que le déploiement à grande échelle des technologies énergétiques sans carbone d’ici à 2030 serait « très difficile ». De son côté, Amazon a récemment indiqué dans son rapport ESG de 2025 que ses émissions de carbone avaient augmenté de 16 % en un an.

À l’échelle du marché, les analystes estiment que les hyperscalers américains pourraient investir jusqu’à 725 milliards de dollars dans des infrastructures énergivores en 2026. Le cabinet Gartner prévoit que la consommation électrique des datacenters pourrait atteindre 3,5 % de la demande mondiale d’ici 2030, avec une part majoritaire attribuée aux serveurs d’IA. Toutefois, 35 % des entreprises exploitant des datacenters n’ont pas pris d’engagement en faveur de la neutralité carbone, selon S&P Global.

Le PUE moyen des datacenters reste stable à 1,54, marquant la sixième année consécutive sans amélioration significative. Par ailleurs, des réglementations sur la transparence climatique adoptées par la Securities and Exchange Commission des États-Unis ont été suspendues, laissant le calendrier d’application incertain.

Face à cette situation, la pression des médias et des citoyens sur les impacts environnementaux oblige les grands opérateurs à réaffirmer leur engagement pour le développement durable. En 2025, des projets d’une valeur de 77 milliards de dollars ont été annulés en raison de l’opposition publique. Des entreprises comme Google, Salesforce et Anthropic se sont regroupées dans le consortium Frontier pour investir dans la suppression de carbone, augmentant leur engagement financier à 2,715 milliards de dollars d’ici 2040.

Cependant, ce retour vers le développement durable est souvent perçu comme motivé par des considérations économiques plutôt que par un véritable souci écologique. Les initiatives des entreprises, comme celle d’Amazon visant à atteindre la neutralité hydrique d’ici 2030, soulèvent des questions sur leur crédibilité, notamment lorsqu’elles promettent de rendre plus d’eau aux citoyens que leurs datacenters n’en consomment.

En somme, bien que des efforts soient faits pour réintégrer le développement durable dans les stratégies des datacenters, les défis économiques et les priorités changeantes rendent cette ambition complexe à réaliser.

Source : Uptime Institute, S&P Global, Gartner, rapports d’entreprise

Source
Leave a Comment

Comments

No comments yet. Why don’t you start the discussion?

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *