A Dijon, les Cycles Lapierre sont le symbole d'une filière française en crise

A Dijon, les Cycles Lapierre au cœur d’une crise industrielle

La marque Lapierre, fondée il y a 80 ans, se retrouve aujourd’hui au centre d’une tempête industrielle. En se plaçant en redressement judiciaire, le fabricant de vélos illustre la crise profonde qui touche l’ensemble de la filière depuis la fin du boom post-Covid.

L’effondrement du marché du vélo est brutal. Après une demande explosive en 2020-2021 durant la pandémie, les fabricants ont surcommandé dans un contexte de pénurie mondiale. Lorsque les chaînes de production asiatiques redémarrent en 2022, les volumes affluent sur un marché redevenu normal. « En quatre mois, un mois et demi de production est arrivé », résume William Perrier, directeur général de Lapierre. Les stocks s’accumulent, les promotions se multiplient, et les marges s’érodent.

Depuis le début de l’année 2023, 352 entreprises du secteur du vélo ont été placées en procédure collective, un chiffre qui met en lumière la violence du cycle de surstockage, selon le site spécialisé Clean Rider. Les distributeurs ralentissent leurs commandes, tandis que les fabricants sont contraints de financer des stocks coûteux. Ce retournement souligne les limites d’un modèle devenu trop dépendant de la conjoncture, après avoir été soutenu par la croissance du vélo électrique et les politiques publiques de mobilité.

Accell, un choc industriel européen

La liquidation du fabricant Accell marque un tournant significatif. Ce groupe avait établi son site hongrois, Accell Hunland, comme l’un de ses centres d’assemblage stratégiques, où environ 400 salariés étaient employés avant l’arrêt brutal de l’activité début août. Cette fermeture constitue l’un des plus importants chocs industriels récents dans l’écosystème vélo européen, révélant la fragilité d’un modèle dépendant des composants asiatiques et de chaînes logistiques longues.

Pour Cycles Lapierre, la liquidation du groupe Accell intensifie la pression sur ses 106 salariés, alors même que la marque tentait de réorganiser sa production et de réduire ses stocks. Ce choc est d’autant plus fort que la filiale dijonnaise ne peut plus compter sur aucun soutien financier de son actionnaire majoritaire.

Source : Clean Rider

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