Les consignes modifient les pratiques de livraison dans le secteur logistique en France.

Les consignes, nouveau terrain stratégique de la livraison

Les consignes, nouveau terrain stratégique de la livraison

Propriétaire du bar-tabac Le Jardin à Issoudun, dans l’Indre, Nicolas Pinot a réussi à maintenir son activité de livraison de colis malgré la résiliation de son contrat avec Mondial Relay en mars 2025. Ancien président du syndicat départemental des buralistes, il a mobilisé la presse et les élus pour défendre ses intérêts. Aujourd’hui, il traite environ 40 colis par jour, générant entre 300 et 500 euros par mois, une somme insuffisante pour rentabiliser son activité, mais qui attire une nouvelle clientèle.

Le terme « colis hors domicile » désigne les modes de livraison en dehors du domicile, incluant le retrait chez un commerçant, les casiers connectés, et les bureaux de poste. Ce mode de livraison a gagné en importance depuis la crise du Covid-19, représentant environ 30 % des flux de colis en France. Le pays comptabilise près de 60 000 points relais et près de 30 000 consignes connectées.

Audrey Ohnona, consultante chez Vertone, souligne que les consignes sont plus coûteuses que le retrait chez un commerçant et nécessitent un volume de colis significatif pour être rentables.

Mondial Relay, le numéro 2 qui monte

Mondial Relay, acquis par le groupe polonais In Post en 2021, s’est imposé comme le deuxième réseau de livraison en France, avec 10 000 casiers connectés et près de 8 000 points relais. La stratégie de l’entreprise repose sur l’abandon de près de 4 000 buralistes et fleuristes entre 2023 et 2025, en se concentrant sur les lockers accessibles 24 heures sur 24.

La Poste, championne du colis hors domicile

La Poste, avec environ 6 000 casiers et 16 000 relais en boutique, détient le plus grand réseau de distribution en France, ayant livré 2,7 milliards de colis en Europe en 2025. Contrairement à Mondial Relay, elle n’a pas abandonné de commerçants, mais a cessé de recruter de nouvelles boutiques.

Maxime D’hauteville, président de Pickup, indique que l’objectif est de développer un réseau capable de gérer les pics de demande, comme ceux constatés en décembre, où le nombre de colis peut augmenter de 50 %.

Justification écologique relative

Les entreprises justifient le développement des consignes par leur fiabilité et leur impact environnemental positif. Cependant, des études montrent que la majorité des clients récupèrent leurs colis durant les heures d’ouverture des commerces, ce qui limite l’efficacité des consignes. De plus, le bilan carbone du hors domicile est souvent moins favorable que celui de la livraison à domicile, en tenant compte de l’ensemble de la chaîne d’acheminement.

Source principale : Article d’agence de presse.

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