En raison des champs magnétiques de la Voie lactée, les étoiles ne devraient pas s’y former. mais alors ?
La formation des étoiles, généralement perçue comme un processus relativement simple d’effondrement gravitationnel d’un nuage de gaz et de poussières, s’avère plus complexe qu’il n’y paraît. Selon les travaux de l’astronome britannique James Jeans au début du XXe siècle, certaines conditions de température et de densité sont nécessaires pour qu’une masse donnée commence à s’effondrer sous l’effet de sa propre gravité.
Cependant, plusieurs obstacles se dressent sur le chemin de la naissance des étoiles. Par exemple, lorsque le gaz est comprimé, sa température augmente, ce qui accroît sa pression interne et s’oppose à la compression. Les poussières dans un nuage, en chauffant, émettent des radiations infrarouges, permettant ainsi de dissiper la chaleur. De plus, des champs magnétiques traversent ces nuages au sein de la Voie lactée, augmentant en intensité lors de la contraction du nuage. Ces champs exercent une pression qui peut freiner l’effondrement des cœurs pré-stellaires, des concentrations de gaz et de poussières.
Récemment, des chercheurs de l’Université de Kyushu et de l’Institut Max-Planck ont publié une étude dans la revue Astronomy & Astrophysics, mettant en lumière des avancées dans la compréhension de ces phénomènes. Les observations ont été réalisées grâce au télescope de 30 mètres de l’Iram, situé à plus de 2 800 mètres au Pico Veleta, en Espagne, ciblant le cœur pré-stellaire L1544, à environ 450 années-lumière de la Terre.
L’étude révèle que, même dans ces cœurs froids, le gaz est partiellement ionisé. Les ions, fortement liés aux champs magnétiques, interagissent différemment des particules neutres, qui ne se connectent aux champs que par collisions. Une molécule, le diazénylium deutéré (N₂D⁺), a été détectée dans ces régions, illustrant un processus de diffusion ambipolaire. Ce phénomène, jusqu’alors non observé dans un cœur pré-stellaire, est crucial pour déclencher l’effondrement gravitationnel qui mènera à la formation d’une protoétoile.
À me que la diffusion ambipolaire progresse, l’intensité du champ magnétique diminue, permettant à la gravité de devenir la force dominante, entraînant ainsi l’effondrement du cœur et sa transformation en protoétoile.
Ces découvertes promettent de faire avancer notre compréhension des mécanismes de formation des étoiles, malgré les défis posés par les champs magnétiques.
Source : Futura Sciences
