« Cela nous inquiète »… Les centres LGBTI+ en première ligne face aux intimidations

Cela nous inquiète : Les centres LGBTI+ en première ligne face aux intimidations

Drapeaux aux couleurs de l’arc-en-ciel arrachés, vitres brisées et tags homophobes… Depuis six mois, une série de dégradations ciblent des centres accueillant des personnes LGBTI+ à Lyon, Lille, Maubeuge et au Mans. À l’approche du 17 mai, journée internationale de lutte contre les LGBTphobies, les associations alertent sur ces actes de vandalisme.

Dans la Sarthe, le centre LGBTI+ Homogène du Mans a subi trois dégradations depuis décembre dernier. Des affiches de prévention contre le suicide des jeunes et des appels aux dons ont été recouvertes d’autocollants d’extrême droite. Le 19 janvier, des tags de croix celtiques, symboles utilisés par des groupes d’ultradroite, ont été ajoutés. Enfin, le 22 février, le centre a été ciblé par des tags homophobes, sans revendication politique claire. Des plaintes ont été déposées à chaque fois.

En trente ans d’existence, c’est la première fois que le centre est autant ciblé. Le porte-parole de l’association, Rémi Rouzies, explique que cette visibilité accrue, due à un déménagement, attire davantage d’agressions. « Même si on a conscience qu’il peut y avoir des agressions, y compris physiques, on est prêt à prendre le risque », précise-t-il.

Les attaques ont cependant un impact sur les publics vulnérables, notamment les personnes trans et les demandeurs d’asile. « Ils ont été plus choqués, notamment ceux qui ont fui des persécutions LGBTphobes et ne s’attendaient pas à avoir ça en France », ajoute Rouzies. Selon la Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT (Dilcrah), les actes anti-LGBT+ ont augmenté de 129 % depuis 2016, alors que le dépôt de plaintes reste marginal.

Pour Julia Torlet, coprésidente de SOS Homophobie, ces dégradations visent avant tout à intimider. Dans son rapport 2026 sur les LGBTphobies, l’association observe une dégradation générale du climat, avec une libération de la parole hostile envers les personnes LGBTI+.

Le climat sur les réseaux sociaux est également préoccupant. « On sent une libération de la parole lgbtphobe », témoigne Rémi Rouzies. Des individus affirment que, suite à l’arrivée de certains partis politiques dans des municipalités, ils peuvent désormais agir sans crainte. À Perpignan, le centre LGBT+ 66 a perdu sa subvention municipale depuis 2020, tandis qu’à Elme, le maire d’extrême droite a retiré le drapeau LGBTI+ du fronton de la mairie.

En 2023, lors d’une précédente vague de dégradations, une tribune d’une cinquantaine d’associations a appelé le gouvernement à agir. Le plan national 2023-2026 contre la haine et les discriminations LGBT+ prévoyait de mieux protéger les personnes et les lieux ayant subi des attaques. Cependant, la Commission nationale consultative des droits de l’Homme (CNCDH) a jugé le bilan « décevant », avec seulement 20 % des mes pleinement mises en œuvre.

Face à la recrudescence des discours et des attaques lgbtphobes, la réponse du gouvernement est jugée insuffisante alors que le plan 2026-2029 est en cours de discussion.

Source : 20 Minutes.

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