Les centres de retour pour migrants hors de l’Union européenne « vont bafouer les droits fondamentaux », s’inquiète cette eurodéputée socialiste 

Les centres de retour pour migrants hors de l’Union européenne « vont bafouer les droits fondamentaux »

L’Union européenne a adopté le Pacte Asile et Migration, qui sera appliqué à partir du 12 juin 2026. Ce texte vise à accélérer le traitement des demandes d’asile, à filtrer ces demandes aux frontières extérieures de l’UE et à instaurer une solidarité entre les États membres pour la répartition des demandeurs d’asile.

Fernand Kartheiser, eurodéputé luxembourgeois de droite souverainiste, souligne que l’Europe fait face à une immigration massive depuis 2015, année où l’Allemagne a ouvert ses frontières aux migrants syriens. Selon lui, le taux de retour effectif des personnes expulsées de l’UE en 2025 était de 27 %.

Du côté des socialistes français, l’eurodéputée Murielle Laurent exprime de vives inquiétudes. Elle estime que ce Pacte « va bafouer les droits humains et les droits fondamentaux ».

Des centres de retour dans des pays tiers hors de l’UE

Le nouveau Règlement retour, qui accompagnera le Pacte, prévoit le renvoi de personnes en situation irrégulière vers des centres de retour situés dans des pays tiers jugés sûrs par l’UE, tels que le Rwanda, l’Ouzbékistan et la Tunisie. Murielle Laurent critique cette me, arguant que ces pays ne sont pas sûrs pour les migrants renvoyés, car ils n’ont aucun lien avec leur pays d’origine. Elle souligne que ces retours forcés seront moins efficaces que des retours volontaires.

Laurent met également en garde contre le manque de respect des libertés des personnes dans ces centres, en l’absence d’un encadrement européen.

Un débat européen sur l’immigration très politique

Le débat sur l’immigration au sein de l’UE est fortement politisé. Certains États membres, comme l’Italie, les Pays-Bas et l’Autriche, soutiennent ces centres hors de l’UE, tandis que d’autres, comme l’Espagne, s’y opposent fermement. Le gouvernement espagnol a récemment mis en place une politique visant à régulariser des centaines de milliers de travailleurs sans-papiers, démontrant que des politiques d’intégration des migrants peuvent être mises en œuvre.

Alors que le règlement sur les retours doit être voté par le Parlement européen, il pourrait être soutenu par une coalition inédite de la droite européenne et des groupes d’extrême droite. Murielle Laurent s’inquiète de cette « union des droites » qui pourrait devenir la nouvelle majorité.

Source : France 24, LCP, Public Sénat

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