Agissons sur les causes environnementales des cancers
Chimiste et toxicologue, André Cicolella a cofondé en 2009 l’association Réseau environnement santé (RES). Il appelle à un Octobre rose qui mettrait l’accent sur les causes environnementales du cancer du sein, en plus de la sensibilisation au dépistage.
La croissance du nombre de cas de cancer du sein est préoccupante, notamment en France, où les femmes sont les plus à risque au monde. En effet, une femme sur cinq touchée par cette maladie a moins de 50 ans, et le nombre de Françaises enceintes atteintes de cancer du sein ne cesse d’augmenter.
Cette situation remet en question l’idée que le vieillissement et le « surdépistage » expliquent à eux seuls cette hausse. Ainsi, il devient crucial de revoir la stratégie de lutte contre le cancer, car le dépistage seul ne suffit pas.
Environ 10 % des cancers du sein sont liés à des causes génétiques héréditaires, tandis que 90 % des cas restants sont attribués à des facteurs environnementaux. Ces derniers, au sens large, jouent un rôle déterminant dans l’incidence de la maladie.
Agir sur les causes environnementales identifiées pourrait réduire l’incidence des cancers. Parmi ces causes, la pollution chimique, souvent sous-estimée, est omniprésente dans notre quotidien, notamment à travers les perturbateurs endocriniens présents dans les plastiques, cosmétiques et aliments ultratransformés.
Des études ont démontré qu’une exposition à ces substances pendant la grossesse peut augmenter le risque de cancer du sein chez la fille à l’âge adulte. De plus, la contamination par des éléments comme les phtalates et les bisphénols peut réduire l’efficacité des chimiothérapies.
Il est donc impératif de viser l’élimination de ces substances de notre environnement. Par exemple, les sols en PVC, qui contiennent jusqu’à 40 % de phtalates, sont largement utilisés dans divers lieux publics. Leur interdiction et leur remplacement par des alternatives existantes devraient devenir une priorité de santé publique.
Cicolella appelle à un nouvel Octobre rose, soulignant l’importance de discuter non seulement du dépistage, mais aussi des causes environnementales évitables du cancer du sein.
Source : Réseau environnement santé (RES)



