Trente ans après leur disparition, les campings pourraient revenir à Marseille
Emplacements saisonniers, expérience chez l’habitant…
Planter sa tente à Marseille est désormais possible, mais plus dans un camping municipal ou privé. La deuxième ville de France ne compte actuellement aucun terrain de camping, mais plusieurs initiatives visent à recréer une offre d’hébergement à la fois touristique et accessible.
Dans le vallon des Mayans, entre le 15e arrondissement de Marseille et Septèmes-les-Vallons, la coopérative d’habitants Hôtel du Nord expérimente un camping chez l’habitant. Fati, sociétaire du collectif, ouvre son terrain aux vacanciers, tout en accueillant des patients et leurs proches venus se faire soigner à l’Hôpital Nord.
À quelques kilomètres, l’auberge de jeunesse du château de Bois-Luzy (12e) propose une trentaine d’emplacements pour des tentes et des camping-cars durant l’été.
Retrouver une offre touristique malgré le coût du foncier
Le retour de l’offre de camping à Marseille a été évoqué lors de la campagne municipale. Prosper Wanner, gérant de la coopérative Hôtel du Nord, a souligné l’objectif de retrouver la capacité d’accueil des trois campings municipaux des années 1990, soit environ 350 places. Le collectif propose également de réallouer 2,8 millions d’euros, soit 20 % des 14 millions d’euros perçus au titre de la taxe de séjour, à la création d’une nouvelle délégation municipale de l’hospitalité, incluant le tourisme.
Benoît Payan (Printemps Marseillais), alors candidat à sa réélection, s’est dit favorable à une diversification des formes d’accueil et à la création d’un Observatoire des hospitalités. Il partage le diagnostic du collectif sur la nécessité d’une « hospitalité » marseillaise plus accessible, tout en soulignant que la « course à la montée en gamme touristique » ne peut constituer « le seul horizon du secteur ».
Julien Harounyan, adjoint au maire délégué à l’Attractivité économique et au tourisme durable, a précisé que le retour d’une offre de camping fait partie des objectifs du mandat, mais que des limitations foncières pourraient restreindre les campings à 100-200 places. Des sites à proximité des transports en commun pourraient être identifiés, notamment dans le secteur sud de la ville.
Une vieille histoire marseillaise
Jusqu’au début des années 1990, Marseille comptait trois campings municipaux et deux établissements privés. Le camping de Mazargues, créé en 1959, pouvait accueillir 240 personnes avant sa fermeture en 1988. Le camping de Bonneveine, ouvert en 1964, offrait 480 places, tandis que le camping Les Vagues accueillait jusqu’à 360 campeurs avant sa fermeture en 1991.
Selon Judith Aziza, historienne spécialiste du littoral marseillais, ces établissements témoignent d’une époque où Marseille entretenait un rapport différent avec son littoral. Le camping de Bonneveine, par exemple, figurait parmi les meilleurs campings d’Europe en 1969, attirant une clientèle variée.
La disparition des campings reflète l’évolution de la ville, qui est devenue un grand centre urbain. Selon la Fédération nationale de l’hôtellerie de plein air, le secteur a enregistré 147,6 millions de nuitées en France en 2025, dont 60 millions sur des emplacements nus (tentes, caravanes, camping-cars). En Provence-Alpes-Côte d’Azur, les campings ont atteint près de 18 millions de nuitées, un record régional.
Cet article est basé sur des informations provenant de Made in Marseille.

