Les « batailles d’aura », ce phénomène né sur TikTok qui cartonne dans les rues d’Amérique latine

Les « batailles d’aura », ce phénomène né sur TikTok qui cartonne dans les rues d’Amérique latine

Deux adolescents se font face au milieu d’une foule compacte. Pas de coups, pas de rimes improvisées, même pas de danses chorégraphiées : chacun leur tour, ils ont quelques secondes pour prouver, par un regard, une pose ou un geste, qu’ils possèdent plus d’« aura » que leur adversaire. Ce phénomène, connu sous le nom de « batailles d’aura » ou farmear aura en espagnol, a émergé sur TikTok et a récemment quitté le monde numérique pour envahir les places publiques d’Amérique latine.

Le terme « aura » tire son origine du jargon des jeux vidéo et de la culture manga. Dans des œuvres comme Dragon Ball ou Naruto, certains personnages sont entourés d’une aura visuelle, symbole de leur puissance ou de leur présence magnétique. Cette expression a pris de l’ampleur sur les réseaux sociaux, notamment avec une vidéo TikTok en janvier 2024, où un utilisateur a légendé « Aura Farming » une séquence de réussites, atteignant près de 2 millions de vues.

En été 2024, les batailles d’aura ont évolué d’une simple blague en ligne à un spectacle vivant. Le principe est simple : deux participants, parfois plus, s’affrontent en reprenant des danses virales, des mimiques de célébrités ou des scènes cultes d’Internet. Les jugements peuvent être réalisés par un jury improvisé ou par les acclamations du public, sans aucune règle universelle pour désigner le vainqueur.

Bien que ce phénomène soit mondial, il a pris une ampleur particulière en Amérique latine. Des rassemblements ont eu lieu dans des pays comme le Mexique, l’Argentine, le Brésil, le Pérou et la Bolivie. Le Mexique est devenu un épicentre, avec une compétition devant le Palais des beaux-arts de Mexico attirant de nombreux spectateurs.

À Buenos Aires, un organisateur résume la philosophie du mouvement : l’aura est « un mode de vie que presque personne ne comprend ». Cette incompréhension souligne une fracture générationnelle, où les adolescents se connectent à travers un univers commun de mèmes et de vidéos regardées sur TikTok.

Cependant, le phénomène n’est pas sans controverse. Un maire hondurien a interdit ces rassemblements, suggérant que le service militaire obligatoire serait un meilleur usage du temps de la jeunesse. D’autres estiment que ces batailles offrent aux adolescents une occasion de se retrouver et de partager une culture jusqu’alors virtuelle.

Source

La Croix.

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