Les Allemands qui vivent en Suisse déchantent vite

Les Allemands en Suisse : Une réalité décevante

La Suisse, souvent perçue comme une destination de choix pour les expatriés, ne répond pas toujours aux attentes des nouveaux arrivants, en particulier des Allemands. Malgré la proximité géographique et linguistique, de nombreux Allemands qui s’installent en Suisse finissent par déchanter. Une journaliste suisse, basée en Allemagne, a recueilli les témoignages de ceux qui ont choisi de revenir en arrière, pour le Tagesspiegel.

Fiona Kohl, qui a quitté Düsseldorf pour poursuivre ses études en Suisse, a quitté le pays au bout d’un an, déclarant : “En Suisse, je me sentais comme une citoyenne de seconde zone.” Elle évoque également des expériences de xénophobie et d’“hostilité envers les Allemands.” D’autres expatriés partagent des difficultés d’intégration, ressentant souvent un manque de liens avec les Suisses. Matthias Estermann, président de l’Association des Allemands de Suisse, souligne qu’il “n’a pratiquement pas d’amis suisses.”

Cette hostilité peut s’expliquer par des craintes exprimées par de nombreux Suisses, qui redoutent qu’une forte immigration ne surcharge les infrastructures, n’aggrave la pénurie de logements et n’augmente les loyers. De plus, la concurrence sur le marché du travail est une préoccupation, car les Allemands, souvent hautement qualifiés, parlent la même langue que les Suisses.

Rödiger Voss, économiste et conférencier vivant en Suisse, a analysé plus de 3 000 commentaires d’expatriés allemands sur les réseaux sociaux. Il constate que, si les nouveaux arrivants sont initialement séduits par des salaires élevés et des impôts bas, ils réalisent rapidement que le coût de la vie grève leur pouvoir d’achat. Par exemple, une place en crèche à plein temps coûte environ 2 500 euros par mois, alors qu’à Berlin, cela peut être gratuit. La hausse du chômage et le manque d’aide aux familles incitent également de nombreux Allemands à retourner chez eux pour bénéficier d’une meilleure protection sociale.

Environ 50 % des 330 000 Allemands vivant en Suisse choisissent de rentrer dans leur pays d’origine dans les cinq premières années de leur expatriation. Le retour peut également être un choc, comme l’indique Thomas Tidiks, qui a observé qu’“en Suisse, tout coûte cher. Mais au moins, on a le sens du service. Beaucoup de choses fonctionnent mieux. Et puis, les trains sont ponctuels.” Ce constat souligne que l’herbe semble souvent plus verte de l’autre côté de la frontière.

Source : Tagesspiegel.

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