Gennevilliers : Un changement de prestataire de sécurité suscite des inquiétudes parmi les agents
Le prestataire en charge des missions de sécurité pour la municipalité de Gennevilliers, dans les Hauts-de-Seine, a été remplacé par une nouvelle entreprise, ouvrant la voie à un transfert d’emplois potentiellement risqué pour les salariés concernés. Bien que des garanties aient été obtenues suite à une journée de grève, l’avenir des agents reste incertain dans l’attente d’un nouvel appel d’offres prévu pour l’automne 2026.
Dans le secteur de la prévention et de la sécurité, les changements de prestataires sont fréquents, souvent dictés par les appels d’offres. Ces transitions peuvent entraîner des risques pour les emplois, les salaires et les conditions de travail. C’est ce qui a conduit le syndicat FO Prévention-Sécurité Île-de-France à organiser une grève des agents de sécurité privés de la Ville, qui asnt la protection des bâtiments et des usagers.
Pour des raisons administratives non communiquées aux salariés, la société Isis Sécurité a perdu son contrat au profit de Black Shield Sécurité, quelques mois avant la fin du contrat initial, qui se termine en octobre 2026. Ce changement est temporaire : le nouvel opérateur as actuellement la continuité des services sans appel d’offres préalable, laissant les près de 30 agents concernés dans l’incertitude quant à leurs contrats, leur ancienneté et leurs rémunérations.
Emplois et salaires maintenus
Mohammed Mabrouk, secrétaire du CSE d’Isis Sécurité, a rapporté que les agents ont été reçus par le maire de Gennevilliers et le directeur général des services techniques, qui se sont engagés à surveiller les modalités de ce transfert. Bien que la municipalité n’ait pas de pouvoir légal sur les conditions de reprise, cette intervention a contribué à apaiser les craintes des agents.
Black Shield Sécurité a renouvelé les contrats de tous les agents qui le souhaitaient, bien que des modifications aient été apportées concernant les heures supplémentaires. Le risque d’un transfert défavorable semble écarté pour le moment, mais le contrat initial se terminant en octobre, un nouveau changement de prestataire est envisageable. La Fédération de l’équipement, de l’environnement, des transports et des services (FEETS-FO) prévoit de rester attentive à la manière dont cette transition sera gérée.
Changer les règles des appels d’offres
L’appel d’offres à venir pourrait avoir des implications négatives pour les droits des salariés et leurs conditions de travail si la municipalité privilégie une approche axée sur le coût. Zaïnil Nizaraly, secrétaire général de la FEETS-FO, souligne que dans le secteur de la prévention et de la sécurité, 90 % des coûts sont liés à la masse salariale. Dans un contexte de concurrence, le prix devient le critère principal, entraînant des réductions potentielles de la masse salariale, ce qui pourrait conduire à des licenciements ou à des diminutions des primes et des congés.
Dans un environnement où les salariés sont souvent considérés comme des variables d’ajustement, il est crucial que les donneurs d’ordre, notamment les entités publiques, prennent leurs responsabilités. Il est essentiel de modifier les critères des appels d’offres pour éviter que le coût ne soit le seul facteur déterminant, garantissant ainsi la protection des droits des travailleurs.
Source : Force Ouvrière
