Les actrices des luttes anticoloniales: en 1960 à Ibadan, «la femme africaine trace son avenir» [5/10] - Reportage Afrique

Les actrices des luttes anticoloniales : en 1960 à Ibadan, « la femme africaine trace son avenir »

En août 1960, à Ibadan, au Nigeria, 55 déléguées de huit pays se réunissaient pour un congrès intitulé « La femme africaine trace son avenir ». Cet événement, bien que peu documenté, est considéré comme un moment fondateur de la pensée féministe panafricaine.

Contexte factuel

Les participantes, originaires du Ghana, du Mali, du Sénégal et de la Guinée, venaient de divers horizons socio-professionnels, incluant des femmes de ménage, des commerçantes, des politiques et des sages-femmes. L’objectif de cette rencontre était de réfléchir à leur place dans leurs pays nouvellement indépendants et sur le continent africain.

L’historienne Sara Panata souligne que les discussions portaient sur des sujets variés, allant de la place des femmes dans la famille et des droits reproductifs à leur rôle social dans les nations indépendantes. Les déléguées cherchaient également à établir des liens entre les femmes d’Afrique de l’Ouest et à se définir en tant qu’Africaine, en dépassant les spécificités nationales héritées de la colonisation.

Données ou statistiques

Au Nigeria, les luttes féminines ont souvent été portées par des associations fondées sur des critères religieux ou économiques, comme la Women’s Improvement Society of Nigeria, qui a organisé la conférence d’Ibadan. Felicia Adetowun Ogunsheye, sa présidente à l’époque, aujourd’hui âgée de 99 ans, se souvient des combats menés pour l’égalité salariale. Elle témoignait que, pour un travail équivalent, elle était rémunérée un tiers de moins qu’un homme.

Une représentante de l’Union des femmes togolaises a affirmé lors du congrès que, avec l’indépendance acquise, les Africaines devaient s’engager dans de nouvelles tâches pour l’édification de la nation, affirmant que le statut de la femme était la « pierre angulaire » de la société.

Conséquence directe

Cependant, l’unité féminine panafricaine née à Ibadan n’a pas perduré. Les enjeux nationaux ont rapidement pris le pas sur les discours d’unité, même si certaines alliances féminines subsistent aujourd’hui, souvent basées sur des affinités politiques.

Source : RFI

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