Les 10% des consommateurs les plus aisés ravagent la planète (et vous en faites sûrement partie)
Les dommages environnementaux causés par le top 10% des consommateurs les plus riches au monde sont colossaux et leurs coûts sont supportés par l’ensemble de la société. C’est ce qu’avance une étude récemment publiée dans la revue Communications Sustainability par des chercheurs en environnement de l’Université de Leyde et de l’Université d’Oxford. Cette étude chiffre la facture environnementale totale de ces consommateurs les plus écocides entre 1.700 et 5.700 milliards de dollars par an, soit l’équivalent de 2.300 à 7.500 dollars (2.027 à 6.610 euros environ) par personne.
Ces 10% ne représentent pas une petite élite de milliardaires. En réalité, plus de 60% de cette tranche supérieure des consommateurs mondiaux résident aux États-Unis et dans l’Union européenne (UE). Aux États-Unis, plus de la moitié de la population appartient à cette minorité privilégiée, tandis que dans l’UE, ce chiffre se situe entre 40 et 45%.
Les experts ont évalué l’impact financier de ces consommateurs en matière de changement climatique, d’intégrité de la biosphère, de cycles biogéochimiques et d’utilisation de l’eau douce, en s’appuyant sur l’Environmental Prices Handbook 2024 (le Manuel des prix environnementaux), qui fournit des estimations approximatives du coût monétaire des dommages associés à différents types de comportements de consommation et aux atteintes à l’environnement qui en découlent.
L’addition varie considérablement d’un pays à un autre, avec les États-Unis en tête, où l’impact par habitant est le plus élevé au monde, chiffré entre 19.000 et 63.000 dollars (16.740 et 55.500 euros environ) par an. Étant donné que de nombreuses données utilisées dans cette étude remontent à 2017 et que la consommation mondiale n’a cessé d’augmenter depuis, le coût global est probablement sous-estimé.
Inge Schrijver, l’autrice principale de l’étude, souligne que ces chiffres prennent uniquement en compte la consommation des ménages, sans inclure les investissements, qui représentent pourtant plus de la moitié des émissions de carbone. Paul Behrens, coauteur de l’étude, ajoute que ces 10% de consommateurs jouent un rôle crucial, car ils disposent du plus grand levier pour réduire les dégâts. Leur capital et leurs choix façonnent les tendances et les industries.
Enfin, bien que ces 10% aient une influence démesurée sur la crise climatique mondiale, ils ne subissent pas les conséquences les plus sévères, les pays du Sud étant touchés de manière disproportionnée par les catastrophes naturelles liées au climat.
Source : Étude de l’Université de Leyde et de l’Université d’Oxford, publiée dans Communications Sustainability*.
