Épidémie de rougeole aux États-Unis : un retour alarmant après 35 ans
(Washington) Les États-Unis ont enregistré en 2026 leur pire épidémie de rougeole en 35 ans, selon un décompte officiel. Cette maladie grave et contagieuse connaît un retour en force depuis plus d’un an, en grande partie à cause de la défiance croissante envers les vaccins.
En seulement sept mois, 2 318 cas confirmés ont été recensés par les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC), dépassant les 2 289 cas de 2025, une année déjà marquée par des chiffres alarmants, incluant trois décès, dont deux jeunes enfants. Andrew Racine, président de l’Académie américaine de pédiatrie (AAP), a qualifié cette situation de « crise évitable qui touche de manière disproportionnée les enfants », ajoutant que « nous ne devrions pas accepter que cela devienne notre nouvelle norme ».
La rougeole, qui provoque fièvre, symptômes respiratoires et éruptions cutanées, peut entraîner des complications graves, telles que pneumonie et inflammation du cerveau, entraînant des séquelles sérieuses ou la mort. Considérée comme éradiquée aux États-Unis en 2000 grâce à la vaccination, la maladie a fait un retour significatif ces dernières années, en raison d’une baisse des taux de vaccination et d’une défiance croissante envers les autorités sanitaires.
Le secrétaire à la Santé des États-Unis, Robert Kennedy Jr., est accusé d’avoir contribué à cette crise en alimentant les craintes autour des vaccins. Avant l’introduction du vaccin dans les années 1960, la rougeole causait la mort de centaines d’enfants chaque année aux États-Unis et continue de faire des dizaines de milliers de victimes à travers le monde.
Dérogations vaccinales
Les États-Unis n’avaient pas connu d’épidémie de rougeole d’une telle ampleur depuis 1991. L’épisode actuel, qui a débuté en 2025, n’a toujours pas été contenu, et les experts s’attendent à une augmentation continue des cas. Melissa Nolan, maître de conférence en épidémiologie à l’université de Caroline du Sud, souligne qu’il existe probablement un sous-diagnostic des cas.
Bien que le vaccin contre la rougeole soit obligatoire aux États-Unis, de nombreux Américains peuvent contourner cette obligation en invoquant des raisons religieuses ou philosophiques. Ces dérogations non médicales ont considérablement augmenté depuis la pandémie de COVID-19, exacerbées par la désinformation sur les vaccins et la méfiance envers les autorités sanitaires.
Un sondage de septembre 2025 du Washington Post et de l’ONG KFF indique qu’un parent américain sur six évite ou retarde la vaccination de ses enfants en raison de craintes d’effets secondaires et d’un manque de confiance envers les autorités sanitaires. Cette tendance est particulièrement marquée dans les milieux blancs et conservateurs, suscitant de vives inquiétudes parmi les experts médicaux.
Pour Melissa Nolan, cette épidémie n’est probablement qu’un début : « Je pense que nous allons commencer à voir de plus en plus de cas de coqueluche et d’autres maladies évitables par la vaccination », alerte-t-elle.
Source : Agence France-Presse
