Léonore Chastagner « Ce qu’il faut aimer est absent »
Par Oriane Vittu de Kerraoul.
Galerie Anne-Sarah Bénichou, Paris, jusqu’au 24 juillet 2026.
À la Galerie Anne-Sarah Bénichou à Paris, Léonore Chastagner, artiste française née en 1992, présente une exposition de céramiques en argile blanche. Ces objets du quotidien, chargés d’une étrange familiarité, évoquent une mémoire sensible et transforment l’absence en matière tangible, à découvrir jusqu’au 24 juillet 2026.
Les céramiques de Chastagner suscitent un sentiment de familiarité. Elles évoquent des souvenirs corporels, comme le fait de se glisser dans des draps ou de plier une couverture. Les visiteurs peuvent imaginer avoir laissé une bouillotte pleine près du lit ou avoir pris le temps de ranger un cardigan. Ces objets semblent avoir une histoire, appartenant à d’autres, ou à nous-mêmes, dans un passé lointain.
L’exposition invite à explorer notre espace intérieur à travers ces formes. Leur blancheur antique rappelle des bijoux historiques, suscitant des interrogations sur les vies de ceux qui les ont portés. Les sculptures sans visages de Chastagner évoquent également l’œuvre de Rodin, notamment L’Éternel Printemps, où la représentation de l’amour crée une notion de disparition. Chastagner, quant à elle, capture cette absence comme un instantané, faisant appel à notre perception pour compléter ce qui manque.
L’attente et les gestes quotidiens, tels que ranger ou plier, transpercent l’exposition. Les sculptures de Chastagner ne représentent pas une immobilité nostalgique, mais plutôt une quête de ce qui fait défaut. Ces œuvres créent un désir de proximité, une sensation d’enveloppement. Elles semblent murmurer que parfois, l’absence peut être une forme d’acceptation.
Dans cette démarche, l’absence devient une matière à part entière, aussi dense que l’argile. Chaque pièce, qu’il s’agisse d’un corps sans tête ou d’une main inachevée, rend cette notion palpable. En rendant l’absence tangible, Chastagner pourrait offrir une promesse d’amour saisissable.
Source : Oriane Vittu de Kerraoul, Galerie Anne-Sarah Bénichou.