L’empreinte annuelle d’environ 35 à 55 Français : les déplacements de Gianni Infantino, symboles de la déme de la FIFA au Mondial-2026
Mexico, Guadalajara, Los Angeles, San Francisco, Vancouver, Seattle, Kansas City, Houston : l’Italo-Suisse Gianni Infantino a été aperçu dans les tribunes à dix reprises en seulement sept jours, souvent accompagné de l’ancien international français Youri Djorkaeff, son conseiller football. Cette omniprésence n’est pas nouvelle, ayant débuté avec son élection à la tête de la FIFA il y a dix ans. Son recours à un vol privé de Qatar Airways est également bien documenté, ayant parcouru 600 000 kilomètres à bord de cet appareil entre 2021 et 2024, selon le média d’investigation Josimar.
Avec le Mondial-2026, organisé pour la première fois dans trois pays (États-Unis, Canada et Mexique) et impliquant 48 sélections, le nombre de rencontres passera de 64 à 104 sur un mois et demi, amplifiant ainsi l’impact de ses déplacements. Selon Greenly, entreprise française spécialisée dans l’évaluation des empreintes carbone, « une seule heure dans cet avion émet à peu près ce qu’un être humain moyen émet en une année entière ».
Si Gianni Infantino continue d’enchaîner deux villes par jour jusqu’à la fin des huitièmes de finale, puis assiste aux huit dernières rencontres, il pourrait générer entre 300 et 500 tonnes de CO2 uniquement par ses déplacements aériens pendant le tournoi, soit l’équivalent de l’empreinte annuelle d’environ 35 à 55 Français.
La FIFA a précisé que ses dirigeants choisissent entre vol commercial ou privé « selon ce qui est le plus efficace et économique », assurant que l’organisation couvre les coûts de voyage. Cependant, le cas d’Infantino illustre un problème systémique au sein de la FIFA, comme l’affirme David Gogishvili, géographe à l’Université de Lausanne. En utilisant 16 stades « dispersés à travers un continent », l’organisation a créé un modèle dépendant des transports aériens, qui sont parmi les plus émetteurs de CO2.
John Hocevar de Greenpeace USA a également souligné que l’utilisation quotidienne de vols privés par les dirigeants de la FIFA n’envoie pas le bon message en matière de prise de conscience climatique, surtout dans le contexte des effets de la chaleur extrême sur les joueurs et les supporters.
L’éparpillement géographique des événements se reproduira lors du Mondial féminin au Brésil en 2024, qui a été préféré à une candidature plus accessible en train entre la Belgique, les Pays-Bas et l’Allemagne. En 2030, le centenaire du Mondial masculin se déroulera entre le Maroc, le Portugal et l’Espagne, avec des matchs également en Amérique du Sud et la possibilité d’une extension à 64 équipes.
Le Mondial-2022 au Qatar avait déjà vu l’arrivée de 1 846 jets privés, un chiffre supérieur à celui des événements majeurs tels que le Super Bowl ou le Forum économique de Davos. Les émissions associées à une Coupe du Monde sont souvent qualifiées d’émissions de luxe, soulignant l’écart entre les pratiques des ultra-riches et les préoccupations environnementales.
Source : AFP
