Législatives en Allemagne : « Ce n’est pas bon pour notre pays »
A Offenbourg (Bade-Wurtemberg) – Les pancartes électorales sont encore visibles ce lundi matin, quelques heures après la clôture des élections législatives allemandes. Les services de nettoyage s’affairent dans cette ville de 60 000 habitants, située à une trentaine de kilomètres de Strasbourg.
L’importance de cette échéance électorale a mobilisé de nombreux partis, dont les slogans sont affichés le long des routes et dans les centres commerciaux. De la gauche radicale (« Die Linke ») à la droite conservatrice (CDU), en passant par les socio-démocrates (SPD) et les écologistes (« Die Grüne »), tous ont fait campagne, à l’exception notable de l’AfD, le parti d’extrême droite.
Malgré une percée significative lors de ce scrutin, obtenant 20,8 % des suffrages contre 10,3 % en 2021, l’AfD reste peu visible dans les rues d’Offenbourg. Les passants interrogés par 20 Minutes ne se revendiquent pas de ce parti, et un autocollant anti-AfD a été repéré au pied d’un feu tricolore.
Les inquiétudes sont palpables parmi les électeurs. Yvonne, une résidente, exprime son choc face à ce score : « Un électeur allemand sur cinq partage-t-il vraiment ces idées ? » Elle critique également la campagne, qui a largement tourné autour de l’immigration, négligeant d’autres sujets cruciaux comme l’environnement et les infrastructures.
« J’espère que l’AfD n’arrivera jamais au pouvoir »
La récente actualité marquée par plusieurs attentats, dont ceux de Magdebourg, Aschaffenbourg et Munich, a contribué à créer un climat de défiance envers les immigrés. Hama, un Syrien installé en Allemagne depuis quatre ans, relativise : « Certains nous prennent pour des criminels, alors que nous travaillons et essayons de nous intégrer. »
Silke, une quinquagénaire, partage son choc face aux résultats : « Le Bundestag va être trop à droite. J’espère vraiment que l’AfD n’arrivera jamais au pouvoir. »
Alice Weidel, la cheffe de l’AfD, a proposé une coalition à la CDU, proposition qui a été rejetée par Friedrich Merz. Ce dernier a annoncé son intention de former un gouvernement de coalition avec le SPD d’ici Pâques.
Les résultats de ce scrutin soulignent une transformation sociologique : l’extrême droite est devenue le premier parti des ouvriers et des chômeurs allemands, un phénomène qui rappelle les débuts du Rassemblement National en France.
Source : 20 Minutes
