Enseigner le « care » à l’école : Un retour aux sources ?
Et si le soin, au travers des tâches quotidiennes, devenait plus central dans l’éducation ? Dans l’apprentissage de la citoyenneté ? Dans les années 1970 et 80, l’abandon des cours des arts ménagers a semblé une évidence progressiste. Cependant, la répartition du travail domestique et familial demeure une des pierres angulaires de l’inégalité entre les femmes et les hommes. Face à ce constat, certains pays mettent en place des politiques publiques visant à transmettre aux futures générations, filles et garçons, une culture plus équitable, intégrant le care et l’enseignement ménager dans les parcours scolaires.
Contexte factuel
Dès le plus jeune âge, il est essentiel d’enseigner une éthique du soin, qui commence par le fait d’assumer les tâches quotidiennes. Inculquer à tous, dès la maternelle, les arts ménagers et leur rôle indispensable dans la « maintenance » quotidienne de la reproduction de la vie est crucial. Ces idées, bien que prometteuses, se heurtent encore à des représentations patriarcales où ce type de formation était historiquement réservé aux filles.
L’histoire du développement de l’enseignement des filles est indissociable de leur lutte pour l’autonomie. La première vague féministe, notamment portée par Zoé de Gamond en Belgique, a combattu le manque d’instruction des filles, cause de leur aliénation civile et économique. En 1864, elle ouvre la première école secondaire laïque pour filles, marquant un tournant dans leur éducation.
Données ou statistiques
Malgré les avancées, la séparation entre l’espace public et privé continue de reléguer les filles dans les savoirs familiaux. Selon Éliane Gubin, l’enseignement féminin a longtemps été orienté vers la formation de bonnes épouses et de bonnes mères, garantissant ainsi la stabilité de l’ordre établi. En effet, une étude de l’Institut wallon de l’évaluation, de la prospective et de la statistique (IWEPS) indique que les femmes continuent d’assumer deux tiers du travail domestique, ce qui témoigne d’une invisibilisation et d’une dévalorisation persistantes de ces compétences.
Conséquence directe
L’absence d’une formation adéquate en arts ménagers et en économie domestique dans les programmes scolaires modernes contribue à renforcer les stéréotypes de genre et à perpétuer les inégalités au sein des foyers. La nécessité d’une prise en charge collective, à l’école, de l’apprentissage du soin dans toutes ses dimensions, est donc
Source : Axelle Magazine