Malgré l’accord entre l’Iran et les États-Unis, l’économie mondiale reste fragile
La signature, le 17 juin dernier à Versailles, d’un protocole d’accord de paix entre les États-Unis et l’Iran a suscité un certain optimisme sur les marchés. La réouverture progressive du détroit d’Ormuz, voie maritime cruciale pour le transit du pétrole, laisse entrevoir une stabilisation, mais le retour à la normale d’avant-guerre semble encore lointain. En effet, la guerre en Iran a profondément affecté l’économie mondiale, avec des répercussions sur les prix de l’énergie, l’inflation et la croissance, amputant jusqu’à 2 % du PIB mondial.
La Banque mondiale a récemment ajusté ses prévisions, estimant un recul de 0,1 point de pourcentage par rapport à ses estimations de janvier. Le Fonds monétaire international (FMI) évoque quant à lui un impact plus prononcé, avec une baisse de 0,3 point de pourcentage. Le Global Peace Index prévoit également une contraction de 0,6 point de pourcentage en cas de réouverture assurée du détroit d’Ormuz. En France, la Banque de France anticipe une réduction de 0,5 point de pourcentage de la croissance en raison de la guerre au Moyen-Orient.
Du côté des prix de l’énergie, le baril de Brent a récemment chuté sous les 80 dollars, après avoir atteint des sommets à plus de 100 dollars au début du conflit. Cependant, cette baisse ne signifie pas un retour à des niveaux d’avant-guerre. L’Europe, quant à elle, continue de faire face à une hausse des prix du gaz, exacerbée par la dépendance croissante au gaz naturel liquéfié depuis la guerre en Ukraine.
Les infrastructures énergétiques dans la région ont subi des dommages importants, alimentant l’incertitude sur les marchés. Même si les prix baissent, cela ne devrait pas suffire à relancer immédiatement l’activité économique. Selon des experts, le redémarrage des unités industrielles pourrait prendre du temps en raison de contraintes techniques et logistiques.
L’inflation, quant à elle, reste problématique. En France, l’INSEE prévoit une augmentation des prix de 2,7 % sur un an d’ici fin décembre, alors qu’une hausse de moins de 1 % était anticipée avant le début du conflit. Cette situation illustre que l’inflation ne se résorbe pas automatiquement avec l’apaisement des tensions.
Enfin, cette guerre pourrait accélérer la transition énergétique, avec un intérêt accru pour les énergies renouvelables. En avril, pour la première fois, l’énergie éolienne et solaire a produit plus d’électricité à l’échelle mondiale que le gaz, soulignant une tendance vers une réduction de la dépendance aux hydrocarbures du Moyen-Orient.
Sources : Banque mondiale, FMI, INSEE.
