L’écologie est-elle la grande sacrifiée des deux quinquennats d’Emmanuel Macron ?
Sécheresse, incendies et préparations du budget. Face aux énormes enjeux, le gouvernement est coincé sur la question des moyens, mais tente de convaincre sur son action.
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Le gouvernement tente par tous les moyens de montrer aux Français qu’il agit, car depuis la première vague de fortes chaleurs fin mai, la critique sur son inaction face au changement climatique lui revient comme un boomerang. Cela passe d’abord par une stratégie de communication qu’il s’efforce de déployer à tout va. Après les cellules interministérielles de crise consacrées à la canicule et aux incendies, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez doit recevoir, le 13 août, l’intersyndicale des pompiers, qui a lancé le même jour un appel à la grève pour réclamer davantage de moyens humains et financiers.
Il y a une semaine, Sébastien Lecornu a annoncé qu’il se rendrait en Gironde, le 17 août, avec plusieurs ministres pour « lancer la mission reconstruction » d’une région totalement dévastée par les flammes. Le gouvernement soigne donc la forme, mais sur le fond, compte-t-il concrètement faire des efforts pour financer l’adaptation de notre pays au changement climatique ? C’est ce que réclame notamment l’Assemblée des départements de France, qui finance à elle seule près de 60 % des Services départementaux d’incendies et de secours.
Concernant l’adaptation de notre bâti à la chaleur (écoles, hôpitaux) : le budget du Fonds vert, créé pour accompagner la transition écologique, a été sacrifié sur l’autel des récentes économies budgétaires, passant de 2 milliards d’euros en 2023 à moins de 900 millions d’euros en 2025. De plus, le coût de la canicule, révélé le 12 août par la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, est estimé entre 10 et 15 milliards d’euros. Le gouvernement se retrouve donc dans une situation délicate, à quelques mois du vote du budget 2027.
Le gouvernement, qui espère réaliser jusqu’à 35 milliards d’économies lors du prochain budget, est bel et bien coincé, et la situation est complexe pour Sébastien Lecornu. Il devra faire des choix budgétaires, tout en préparant les esprits à l’idée que tout ne repose pas uniquement sur les moyens financiers. Il rappelle que le budget de la sécurité civile a déjà été doublé ces dernières années. Tout dépendra également de la capacité des ministres de la Transition écologique et de l’Intérieur à se battre pour obtenir des arbitrages favorables auprès de Matignon dans le cadre de la prochaine loi de finances.
Source : Franceinfo



