L’Éboulis de Rimouski : Retour sur une catastrophe naturelle marquante
Au début du mois d’août 1951, deux glissements de terrain se produisent presque coup sur coup dans le quartier Sainte-Odile, le long de la rivière Rimouski. Malgré l’ampleur de ces événements, la catastrophe n’a causé que des dommages matériels, laissant des souvenirs indélébiles dans les mémoires locales.
Le premier glissement de terrain a lieu dans la soirée du vendredi 3 août 1951, après plusieurs jours de pluies abondantes. Une traînée d’argile grise s’écoule dans la rivière Rimouski, obstruant le cours d’eau et provoquant une inondation. Cette situation attire de nombreux curieux dès le lendemain.
Louis Arsenault, à l’époque âgé de 20 ans et nouvellement diplômé en menuiserie, se souvient : « Je venais d’être diplômé et j’occupais mon premier emploi. Lors du repas, quelqu’un est arrivé avec ça : « Il y a eu un éboulis ». On est partis en groupe pour aller voir de quoi il s’agissait. » Les habitants, bien que curieux, sont contraints d’observer la scène de loin, car l’accès à la rivière est bloqué.
Le lendemain, une vaste opération de nettoyage est lancée par la Ville de Rimouski et la compagnie Price Brothers, qui déploient des engins pour créer un chenal artificiel permettant à l’eau de s’écouler. Cependant, les travaux sont rapidement interrompus par un deuxième glissement de terrain, survenant dans la nuit du dimanche 5 août au lundi 6 août 1951, qui anéantit les efforts de nettoyage déjà entrepris.
Ce second glissement de terrain entraîne l’inondation de quatre maisons dans le quartier Sainte-Odile et la destruction de plusieurs bâtiments agricoles. Les dommages matériels sont estimés à environ 500 000 dollars de l’époque, ce qui équivaudrait aujourd’hui à environ 6 millions de dollars.
Le professeur Jacques Locat, émérite au département de géologie et de génie géologique de l’Université Laval, souligne que ce type de phénomène est souvent initié par l’érosion le long des cours d’eau. Il indique que le deuxième glissement a été deux fois plus important que le premier, en raison de la rupture initiale qui a rendu la falaise plus instable.
Les événements de 1951 ont laissé des traces durables dans la ville. Aujourd’hui, des randonneurs empruntent le sentier L’Éboulis qui longe la rivière Rimouski, et un panneau explicatif de la Société rimouskoise du patrimoine rappelle cette catastrophe naturelle.
Source : Radio-Canada.
