Non, le virus Shamonda n’a pas été

Non, le virus Shamonda n’a pas été « introduit » pour « faire de la place » aux importations sud-américaines

Quelques mois après avoir été touchés par la dermatose nodulaire contagieuse, les agriculteurs européens doivent désormais faire face à un nouveau virus : l’orthobunyavirus de type Shamonda. Depuis fin juillet, ce virus a été détecté dans une dizaine d’exploitations de vaches laitières dans les départements du Doubs, du Jura, de l’Ain, de la Haute-Savoie et de la Savoie, ainsi qu’en Allemagne et en Suisse. Selon le ministère de l’Agriculture, l’impact de cette contamination reste « faible » pour le moment.

Cependant, l’apparition de ce virus suscite des inquiétudes sur les réseaux sociaux. Certains internautes soulignent le timing de son apparition, qui coïncide avec la signature de l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur, facilitant l’importation de produits sud-américains. Les agriculteurs craignent que l’importation de viande bovine sud-américaine constitue une concurrence déloyale.

Floran Philippot, chef du parti d’extrême droite Les Patriotes, a insinué que ce « nouveau virus » serait destiné à nuire à l’agriculture française pour « faire de la place pour les 99 000 tonnes de bœuf du Mercosur ». Toutefois, il est important de préciser que le virus Shamonda, bien qu’il soit nouveau pour l’Europe, n’est pas un virus récent. Il a été détecté pour la première fois au Nigeria dans les années 1960 et a été signalé sporadiquement en Afrique de l’Ouest, de l’Est et australe, ainsi qu’au Japon.

Ce virus est transmis par des moucherons piqueurs, ou culicoïdes, et peut provoquer fièvre, diarrhées et baisse de production laitière. Les premiers symptômes sont généralement transitoires, mais des conséquences plus graves, comme des avortements et des malformations fœtales, peuvent survenir. À l’heure actuelle, il n’existe pas de vaccins ou de traitements spécifiques, et le gouvernement recommande de lutter contre la prolifération du virus en éliminant les sites de reproduction des insectes.

Concernant le lien avec le Mercosur, le ministère de l’Agriculture a affirmé qu’il n’existe aucune preuve de transmission d’animal à animal ou d’animal à humain, ce qui limite l’impact sur les exploitations agricoles. Le virus Shamonda n’est pas répertorié dans la législation européenne de santé animale ou par l’Organisation mondiale de la santé animale (OMSA), et il est considéré comme une « maladie émergente » en Europe.

Il est donc inexact de parler de « faire de la place » pour le bétail sud-américain, d’autant plus que seules des exploitations laitières sont touchées, qui ne sont pas en concurrence directe avec le bétail destiné à la viande.

Enfin, des comparaisons avec la dermatose nodulaire contagieuse, qui a des conséquences plus graves, ne sont pas fondées, les deux virus ayant des symptômes, traitements et conséquences distincts.

Source : Ministère de l’Agriculture

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