Un soulagement pour Karine, un soulagement pour nous

Au mois de mai, Karine Jambu, victime de viols répétés durant son enfance, a appris la sortie de prison de son agresseur, qui s’est installé à Rennes, près de chez elle. Cette situation avait suscité des craintes chez Karine, qui a partagé ses angoisses. Récemment, elle a reçu un courrier de la juge d’application des peines l’informant que son agresseur avait déménagé.

Karine Jambu a exprimé son désarroi : « C’est inimaginable, impensable. Je suis pétrifiée. Comment la justice peut-elle me traiter comme cela ? » En mai 2026, elle a découvert par mail que son violeur, condamné à trente ans de réclusion criminelle pour des viols et agressions sexuelles sur mineur, devait sortir de détention. Le courrier précisait qu’il résiderait à Rennes, ce qui a accentué ses craintes.

Durant son enfance, Karine a été victime de plus de 300 viols commis par un homme hébergé par ses parents. Cet individu, déjà condamné pour des actes pédocriminels, avait profité de la vulnérabilité de la famille. Après un long parcours judiciaire, Karine s’attendait à ce que son agresseur purge une peine plus longue, mais il a été libéré après huit années.

Le procureur de la République de Caen avait justifié cette libération en indiquant que l’individu devait purger une peine de 30 ans avec une période de sûreté de 20 ans, qui s’est terminée en avril 2025. L’homme a pu bénéficier de réductions de peine, ce qui a conduit à sa libération anticipée.

Karine a récemment reçu un courrier l’informant que son agresseur avait déménagé, ce qui a été perçu comme un soulagement par sa mère adoptive, Laurence Brunet-Jambu. « C’est un soulagement pour Karine, un soulagement pour nous. Toute la famille habite Rennes et ses alentours », a-t-elle déclaré. Toutefois, Karine a souligné qu’elle aurait souhaité que cette solution soit trouvée plus tôt, évoquant la nécessité d’une meilleure gestion par la justice.

Une inquiétude persiste quant à la sécurité des enfants que cet homme, âgé de 73 ans, pourrait croiser. Laurence Brunet-Jambu s’interroge sur le suivi des soins que doit recevoir l’individu et sur sa dangerosité.

Depuis 2018, la famille Jambu a obtenu plusieurs condamnations de l’État français pour déni de justice. En réponse à la libération de l’agresseur, elles ont lancé une pétition qui a recueilli environ 160 000 signatures pour revendiquer une réforme de la justice pénale.

Un projet de loi sur la protection de l’enfance, adopté en première lecture, vise à permettre le cumul des peines, garantissant que les condamnés purgent leurs peines dans leur intégralité. Ce texte doit encore être examiné par le Sénat.

Laurence Brunet-Jambu continue de se battre pour que des mes soient mises en place afin d’améliorer la protection des victimes de violences sexuelles sur mineurs, dénonçant les dysfonctionnements dans ce domaine.

Source : France 3 Régions

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