À l’heure du streaming, le vinyle signe son grand retour
Les ventes de vinyles en France continuent d’augmenter, avec une hausse de 15 % en 2025, atteignant un marché de 113 millions d’euros, selon le bilan publié par le Snep (Syndicat national de l’édition phonographique) le 18 mars 2026. Ce phénomène se démarque dans un contexte où le numérique prédomine, soulignant la résilience d’un format physique jugé moins pratique.
En 2012, moins d’un million de vinyles avaient été vendus en France, mettant en lumière l’ampleur de ce retour en force. Sarah, une Marseillaise de 20 ans, illustre cette tendance : elle possède 43 vinyles, représentant près de 2 000 euros d’investissement au cours des trois dernières années, en plus de l’achat d’une platine.
Le vinyle, un choix de possession
Sarah explique avoir découvert l’univers des vinyles sur les réseaux sociaux et apprécie l’idée de posséder la musique qu’elle écoute. Selon Mathieu, disquaire indépendant à Marseille et propriétaire de la boutique Tangerine, ce succès est également lié à une volonté des maisons de disques de relancer la mode du vinyle, notamment à travers des publicités.
Tous les disquaires interrogés constatent que le public, jeune et moins jeune, s’intéresse à ce format. La diversité des produits, comme les éditions limitées et les vinyles colorés, contribue à cette dynamique commerciale. Par exemple, le dernier album d’Ariana Grande a vu ses ventes exploser grâce à une variété d’alternatives proposées.
Un marché en mutation
Malgré cet engouement, les disquaires indépendants font face à des défis. Mathieu souligne que les grandes centrales d’achats bénéficient de meilleures conditions d’achat, limitant les possibilités pour les petits commerces. L’Adin (association des disquaires indépendants neufs) a également noté des enjeux tels que l’inflation des loyers et des marges réduites.
Cependant, des consommateurs comme Simon, 25 ans, privilégient les petits commerces pour des raisons éthiques, cherchant des vinyles d’occasion et des conseils personnalisés.
L’avenir des disquaires indépendants reste incertain, alors que le marché du vinyle semble prometteur.
Source : La Provence



