Accaparement, expulsions et « winewashing »
Dans les territoires occupés de Cisjordanie, la viticulture connaît une expansion significative. Les vins israéliens, produits sur des terres confisquées aux Palestiniens, bénéficient d’un soutien constant de la part des autorités israéliennes. Cette production, souvent dissimulée, parvient à s’implanter sur le marché européen malgré son origine controversée.
Les paysages arides sont désormais parsemés de vignes récemment plantées. Près de ces cultures, des objets abandonnés témoignent de la présence d’une communauté palestinienne récemment expulsée. Parmi ces histoires, celle de M. Issa Abou Al-Qabach, surnommé Abou Safi, illustre la brutalité des expulsions. Il raconte comment des colons israéliens l’ont menacé et forcé à quitter sa maison à Khirbet Ar-Rathim, une localité touchée par les violences.
Les collines au sud d’Hébron sont devenues des zones de viticulture en plein essor, alors que les agressions se multiplient. Les terres palestiniennes sont ainsi progressivement vidées et intégrées aux colonies, facilitant l’annexion de la Cisjordanie par Israël. Abou Safi se remémore la terre de ses ancêtres, achetée à l’époque ottomane, désormais perdue. Son décès quelques mois après l’entretien met en lumière la situation précaire de nombreuses communautés palestiniennes, dont soixante-dix ont été déplacées de force depuis octobre 2023. Selon des rapports, plus de mille Palestiniens ont été tués et des milliers d’autres blessés lors d’attaques par l’armée israélienne ou des colons au cours des deux dernières années.
Le gouvernement israélien investit massivement dans la viticulture, offrant des perspectives économiques aux colons tout en rendant le retour des Palestiniens sur leurs terres de plus en plus difficile. Deux entreprises viticoles opérant dans la région d’Hébron continuent d’écouler leurs produits, renforçant ainsi cette dynamique de colonisation.
Source : Meriem Laribi & Marta Vidal, Le Monde diplomatique, février 2026
