Dans l’espace, le vieillissement du cœur des astronautes s’accélère
De récents travaux scientifiques mettent en lumière l’impact de l’impesanteur sur la santé cardiovasculaire des astronautes. En effet, dans l’espace, certains muscles du cœur subissent une atrophie en quelques mois, un phénomène qui, sur Terre, prend des décennies. Les conséquences de ce processus sur la santé des astronautes nécessitent encore des évaluations approfondies. Toutefois, ces résultats pourraient enrichir notre compréhension des mécanismes liés à l’insuffisance de la valve mitrale.
En comparant un patient de 80 ans, éprouvant des difficultés respiratoires dues à un cœur affaibli, à un astronaute de 35 à 45 ans, en bonne condition physique après six mois à bord de l’ISS (Station spatiale internationale), des similitudes inattendues émergent. Pour la première fois, des recherches ont révélé que, dans l’espace, de petits muscles cardiaques s’atrophient, malgré les exercices réguliers des astronautes.
Cette mission spatiale laisse des marques sur le cœur des astronautes, où des modifications cardiaques se produisent, imitant un vieillissement accéléré. L’impesanteur, où la pesanteur n’est plus ressentie, entraîne une redistribution des fluides corporels, réduisant le volume sanguin et diminuant la sollicitation du muscle cardiaque.
Depuis les premières missions, les scientifiques ont observé que cette adaptation a des conséquences. Des études antérieures ont montré que le cœur perd de la masse musculaire après quelques semaines en orbite et que sa forme devient plus sphérique. Une recherche datant de plus de trente ans sur des rats avait également constaté une réduction des muscles papillaires, essentiels au bon fonctionnement des valves cardiaques.
L’étude récente a utilisé l’imagerie par résonance magnétique (IRM) pour mer la masse de ces muscles chez des astronautes lors de missions de longue durée. Les résultats indiquent une réduction moyenne de 14 % de la masse des muscles papillaires après un vol spatial. Cette atrophie, combinée à une augmentation de 6 % du diamètre de la valve mitrale, pourrait théoriquement compromettre son étanchéité, entraînant un risque de régurgitation mitrale.
Les implications de ces observations sont non négligeables. Bien qu’aucune fuite n’ait été observée jusqu’à présent, il est impératif de surveiller la fonction valvulaire des astronautes, surtout dans le cadre de futures missions vers la Lune ou Mars. Par ailleurs, ces découvertes pourraient également éclairer des mécanismes liés à l’insuffisance cardiaque chez les populations terrestres, ouvrant des perspectives en matière de recherche médicale.
Ainsi, l’étude du cœur des astronautes ne se limite pas à la santé spatiale, mais offre également des pistes pour mieux comprendre et traiter les maladies cardiovasculaires sur Terre.
Source : Nature
