Face à la surpopulation orbitale, le Vantablack pourrait rendre les satellites presque invisibles pour les télescopes terrestres
Un revêtement Vantablack pourrait bientôt rendre les satellites quasi invisibles pour les télescopes terrestres. Des chercheurs de l’université de Surrey ont démontré en 2026 que ce matériau ultra-noir ne reflète que 2 % de la lumière incidente. Actuellement, plus de 14 000 satellites occupent l’orbite basse, et des milliers d’autres sont prévus dans les années à venir. Leurs reflets perturbent les images captées par les observatoires, rendant la recherche d’une solution de plus en plus urgente.
Le Vantablack 310 ne reflète que 2 % de la lumière
L’équipe de recherche a mesuré les propriétés optiques du Vantablack 310 sous différents angles d’éclairage et d’observation. Ce traitement, développé par la société Surrey NanoSystems, absorbe 98 % de la lumière reçue. Les chercheurs ont également simulé l’apparence d’un appareil recouvert de ce matériau vu depuis le sol. Les rayons réfléchis se dispersent de manière diffuse, ce qui réduit les éclats habituels.
Les simulations indiquent un score compris entre 6,7 et 7,0 sur l’échelle de magnitude AB dans les conditions les plus défavorables. La plupart des orbites simulées atteignent des valeurs de 7,1 à 7,8. L’Union astronomique internationale recommande un seuil de magnitude 7 pour les objets spatiaux, ce qui signifie que le Vantablack 310 pourrait respecter cette limite dans la majorité des cas.
Des performances supérieures aux solutions de SpaceX
Un satellite Starlink non traité atteint une magnitude de 3,7, bien au-dessus du seuil recommandé. SpaceX a déjà testé deux dispositifs, DarkSat et VisorSat, pour atténuer ce problème, mais le Vantablack 310 se révèle comparable ou supérieur à ces solutions. Astha Chaturvedi, doctorante en astrophysique à l’université de Surrey et autrice principale de l’étude, souligne que des choix de matériaux simples pourraient réduire l’impact des constellations sur l’astronomie.
Le CubeSat Jovian-1 testera le Vantablack en orbite
Des essais en conditions réelles s’annoncent pour le Vantablack 310. Le revêtement sera embarqué sur Jovian-1, un petit appareil de type CubeSat. Les tests en laboratoire ne reproduisent pas les contraintes de l’espace, notamment les variations thermiques et le bombardement de particules. Les mes de luminosité, prises depuis des stations au sol, détermineront si les performances se confirment en vol.
Des milliers d’engins supplémentaires sont programmés dans les années à venir, chaque lancement amplifiant la pollution lumineuse qui brouille les images des télescopes. Le Vantablack 310 offrirait une solution passive, applicable à l’ensemble des constellations, sans en modifier la conception. Les résultats de Jovian-1 orienteront le choix des traitements pour la prochaine génération d’appareils.
Source : Monthly Notices of the Royal Astronomical Society.
