Télescope spatial James Webb : un œil sur l’infini
Deux valent mieux qu’une
Source : ESA/Webb, NASA & CSA, T. Ray
Les objets de Herbig-Haro (notés HH) sont de petites nébulosités associées à de très jeunes étoiles. Le halo résulte de la collision de la matière éjectée par une telle étoile avec les nuages de gaz et de poussières environnants. Parmi les milliers que compterait la galaxie, le HH 797, situé à proximité de la pouponnière d’étoiles IC 348, dans la constellation de Persée, à environ 1 000 années-lumière, a été photographié. Il résulterait de l’activité d’une proto-double étoile, et non d’une étoile unique, comme on le pensait auparavant. En haut de l’image, l’objet brillant abriterait également deux étoiles en formation.
Un satellite de compétition
Source : © Nasa
Le télescope spatial James Webb (JWST) a été développé par la NASA en collaboration avec les agences spatiales européenne (ESA) et canadienne (ASC). Doté d’instruments principalement sensibles aux infrarouges, il est en orbite à 1,5 million de kilomètres de la Terre, autour du point de Lagrange L2 du système Soleil-Terre. Sa mission est prévue pour une durée de cinq ans.
Un catalogue de galaxies
Source : © Nasa
Les galaxies ne se ressemblent pas, même celles dites « spirales » adoptent des formes différentes. Ici, 19 galaxies sont représentées avec un niveau de détail jamais atteint en dehors de la Voie lactée. Les plus vieilles étoiles, en bleu, sont rassemblées autour du centre, tandis que les étoiles non encore complètement formées apparaissent en rouge vif. Ces images en haute définition révèlent également des « trous » dans les bras, pouvant être des traces d’étoiles ayant explosé.
Les plus anciens trous noirs
Source : © ESA
Dans ce paysage lointain, deux galaxies en train de fusionner abritent des trous noirs supermassifs, formant le système ZS7. Cette scène se déroule alors que l’univers n’avait que 740 millions d’années, ce qui fait de ces trous noirs les plus anciens jamais observés. L’un d’eux pèse 50 millions de fois la masse du Soleil, tandis que l’autre a une masse similaire, mais son estimation est compliquée par un nuage de gaz dense le recouvrant.
La bague et la lentille
Source : © ESA
Cette bague à quatre joyaux, dont un moins brillant, n’en a en fait qu’un : le quasar RX J1131-1231, situé à environ 6 milliards d’années-lumière, dans la constellation de la Coupe. Ce trou noir supermassif, très lumineux, subit un effet de lentille gravitationnelle par une galaxie elliptique qui multiplie son image. Le quasar tourne à une vitesse supérieure à la moitié de celle de la lumière, suggérant qu’il résulte de fusions plutôt que d’une simple accrétion de matière.
Merci Barnard
Source : © Nasa
L’un des atouts majeurs du JWST est sa très haute résolution, offrant un niveau de précision sans précédent. Ce cliché du sommet de la nébuleuse de la Tête de Cheval, située à 1 600 années-lumière, illustre cette capacité. La couleur rouge autour de ce nuage dense de gaz, de son nom officiel Barnard 33, indique l’ionisation de l’hydrogène par l’étoile Sigma Orionis, fournissant des insights sur les processus chimiques et physiques de la matière interstellaire.
La marche de l’empereur
Source : © Nasa
Pour son deuxième anniversaire, le JWST a observé les galaxies NGC 2936 et NGC 2937, distantes l’une de l’autre de 100 000 années-lumière, formant le système Arp 142, localisé à 326 millions d’années-lumière dans la constellation Hydra. Leur interaction a commencé il y a entre 25 et 75 millions d’années et se poursuivra pendant plusieurs centaines de millions d’années.
La plus vieille galaxie
Source : © ESA
Le JWST a identifié la plus vieille galaxie observée, JADES-GS-z14-0, située à plus de 13,5 milliards d’années-lumière, datant de seulement 290 millions d’années après le Big Bang. Cela bat le précédent record de JADES-GS-z13-0, qui datait de 320 millions d’années après le Big Bang. Ces découvertes soulèvent des questions sur la formation rapide de structures si massives et lumineuses.
Surf in Universe
Source : © NASA, ESA, CSA, Steve Finkelstein (UT Austin)
Le JWST a également permis de classifier les premières galaxies, observées entre 600 millions et 6 milliards d’années après le Big Bang. Parmi elles, 50 à 80 % sont allongées et plates, tandis que les sphériques sont plus rares, ce qui diffère des galaxies plus récentes. Cela suggère que la Voie lactée aurait été du type « planche de surf » à cette époque.
Une tension à son comble
Source : © Nasa
La galaxie NGC 5468, située à 130 millions d’années-lumière, abrite des céphéides, des étoiles dont la brillance varie selon une période. Ces étoiles sont idéales pour étudier la vitesse d’expansion de l’univers, mesurée par la constante de Hubble, notée H₀. Cependant, la valeur de H₀ diffère selon la méthode employée, une situation connue sous le nom de « tension de Hubble ». La valeur obtenue grâce au JWST est conforme à celle déduite des observations du télescope spatial Hubble, mais la tension persiste.
Source principale : Pour la Science
